Le Japon s’inquiète du blanchiment d’argent via les applications de paiement étrangères


Principaux renseignements

  • Les autorités japonaises craignent que les applications de paiement étrangères ne permettent à des transactions d’échapper au contrôle fiscal et à la surveillance réglementaire.
  • Le suivi des transactions effectuées via ces applications s’avère difficile en raison de leur fonctionnement en dehors de l’infrastructure financière japonaise.
  • Les inquiétudes vont au-delà de la perte de recettes fiscales et incluent le risque de blanchiment d’argent et d’afflux incontrôlés de capitaux étrangers.

Des inquiétudes ont été exprimées au Japon concernant l’utilisation potentielle d’applications de paiement étrangères pour contourner le système financier du pays. Les responsables politiques et les régulateurs craignent que ces applications ne permettent à des transactions d’avoir lieu en dehors du champ de compétence des autorités fiscales et des procédures de surveillance standard, ce qui pourrait entraîner des problèmes de blanchiment d’argent.

Le volume des transactions reste inconnu

La légitimité de nombreuses transactions sur ces plateformes est reconnue, mais les données sur leur ampleur réelle font défaut. Dans ce contexte, certaines grandes applications de paiement internationales ont conclu des partenariats avec des réseaux locaux au Japon afin de s’intégrer dans le cadre financier existant.

Le député Tsukasa Abe a souligné l’utilisation généralisée au Japon de plateformes de paiement mobile de type chinois comme Alipay, notant que certaines transactions contournent entièrement le système financier japonais. Il s’est dit préoccupé par le risque que ces transactions compliquent les évaluations fiscales et créent des « sous-économies » fonctionnant en dehors de la réglementation japonaise.

Les transactions sont difficiles à tracer

La ministre des Finances, Satsuki Katayama, a fait écho aux préoccupations de Abe, citant à titre d’exemple Alipay et WeChat. Elle a souligné la difficulté de suivre et de surveiller les transactions qui se produisent en dehors de l’infrastructure financière nationale japonaise.

L’Agence des services financiers (FSA) a reconnu sa capacité limitée à suivre avec précision ces transactions effectuées via des applications étrangères. Bien qu’elle situe la plupart des transactions au sein des institutions japonaises, elle reconnaît les risques potentiels des opérations effectuées hors système.

Impact sur les recettes fiscales 

L’économiste Ke Long a suggéré que, bien que des transactions de petites entreprises en dehors du système financier national puissent exister, leur impact global sur les recettes fiscales est probablement minime. Il a souligné que les autorités fiscales s’appuient souvent sur des revenus estimés pour les petites entreprises en raison du coût élevé du suivi de chaque transaction individuelle.

Cependant, les transactions de plus grande envergure effectuées via des réseaux étrangers soulèvent des préoccupations plus importantes concernant le blanchiment d’argent et d’autres activités illicites. Ke Long a également suggéré que la principale préoccupation du Japon pourrait résider dans la prévention d’importants afflux de capitaux étrangers, en particulier en provenance de Chine, vers le secteur immobilier et les entreprises du pays, compte tenu de l’opacité potentielle entourant l’origine de ces fonds.

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