Le gros problème de cannabis des Jeux Olympiques de Tokyo

Le Japon maintient une interdiction stricte du cannabis, alors que la plante peut être utilisée pour un usage médical ailleurs. Et que des sportifs s’intéressent beaucoup aux effets bénéfiques du CBD. Quant aux règles anti-dopage, elles semblent ambiguës, voire inadaptées aux particularités du chanvre.

Le Japon possède sans doute une des législations les plus dures face au cannabis : la loi expose toute possession de cannabis à cinq ans de prison, et un étranger dans cette situation peut être expulsé et banni à vie du territoire japonais. Et contre toute attente, cela fait polémique dans le cadre des Jeux Olympiques qui se tiennent cette année à Tokyo, car beaucoup d’athlètes viennent de pays qui ont fortement allégé leurs réglementations sur les produits issus du chanvre.

Antidouleur et apaisant

Non pas que les sportifs enchaînent les pétards entre les épreuves. Mais Euronews met en avant l’usage du CBD, qui a été légalisé et s’est fort répandu ces dernières années. Ce cannabinoïde, dont le nom complet est cannabidiol, provient bien du fameux chanvre indien, mais contrairement au delta-9-tetrahydrocannabinol, ou THC, il n’a pas d’effet psychotrope. Ses effets bénéfiques sur l’organisme sont en revanche reconnus : le CBD apaise l’anxiété et le stress, et il agit comme un antidouleur léger, efficace par exemple contre les courbatures. Il peut aussi aider à trouver le sommeil. Des effets plutôt bénéfiques pour des sportifs.

Depuis que la WADA (World Anti-Doping Agency) a amendé sa réglementation sur le cannabis pour autoriser le CBD, en 2017, certains ont pris l’habitude d’en consommer sous forme de bonbons ou d’huile à placer sur la langue. Megan Rapinoe, la footballeuse star aux USA, assume d’en prendre, même si on lui a reproché de faire ainsi de la publicité pour l’entreprise de CBD de sa sœur.

Là où cela devient controversé, c’est que l’actuelle olympiade est la première à voir un usage assumé de ce genre de substance, dans un pays qui l’interdit totalement. Et que le règlement de la WADA reste ambigu: celui-ci stipule que : « Tout cannabinoïde naturel ou synthétique est prohibé à l’exception de cannabidiol. […] Tout produit, y compris la nourriture ou les boissons, contenant des cannabinoïdes est également prohibé. »

Une athlète positive au THC

L’organisation de lutte contre le dopage classe de facto le cannabis et ses dérivés comme un produit dopant. Alors que celui-ci n’a pas d’effet considéré comme améliorant les performances. Et surtout, que le THC, dont le effets psychédéliques ne durent que quelques heures, reste détectable dans le corps humain pendant des semaines, voire des mois.

C’est d’ailleurs sous l’accusation d’avoir été positive au cannabis lors d’un test antidopage, en juillet dernier, que la sprinteuse Sha’Carri Richardson a été suspendue. Alors que l’usage médical du cannabis, et pas seulement du CBD, est reconnu, et d’un usage croissant et légal aux États-Unis et dans d’autres pays. Là aussi, pour diminuer l’anxiété ou calmer des douleurs.

Une réglementation qui parait au mieux comme hypocrite, alors qu’un nombre croissant de sportifs, aux Amériques surtout, assument utiliser le CBD dans leur régime quotidien, et que le cannabis est vendu comme un médicament sous ordonnance. Pour les athlètes japonais en tout cas, la question ne se pose même pas. Dès 2019, le pays a averti les sportifs et les visiteurs venus de l’étranger qu’il ne valait mieux pas être surpris en possession de produits issus du fameux chanvre indien.

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