Le gazoduc Nord Stream 1 a repris du service, mais l’Europe n’est pas tirée d’affaire pour autant 

L’Europe peut à nouveau respirer, du moins en partie. Après 10 jours de maintenance, le gazoduc sous-marin Nord Stream qui relie la Russie à l’Allemagne a repris du service. L’Europe est donc à nouveau approvisionnée en gaz naturel russe par ce biais. On note cependant un rythme inférieur à celui d’avant les travaux, va-t-il s’accélérer dans les prochains jours ?

C’est un soulagement pour les responsables européens. Gazprom a en effet repris jeudi matin les livraisons de gaz naturel vers l’Europe, comme c’était prévu. Il était pourtant nombreux à craindre que la Russie retarde ou annule le redémarrage du gazoduc pour des raisons politiques. Nord Stream 1 est essentiel pour l’Europe, l’Allemagne en particulier.

Avant le début de la guerre, il était en effet responsable de plus d’un tiers des approvisionnements de gaz naturel russe vers l’ouest du vieux continent. Peu avant son arrêt pour maintenance, son débit avait néanmoins diminué à 40%, en raison d’un problème de turbine, selon Moscou. La question est de savoir à quel rythme le gazoduc reprend aujourd’hui les livraisons et s’il va évoluer dans un sens ou dans l’autre dans les semaines à venir.

Des livraisons en baisse

D’après les chiffres de Gascade, l’opérateur allemand du réseau, le pipeline livrerait 530 GWh au cours de la journée de jeudi. Pour le président de l’Agence allemande des réseaux, Klaus Müller, cela correspond à environ 30% des capacités d’approvisionnement du gazoduc. Autrement dit, le débit a chuté par rapport à avant les travaux de maintenance.

Peut-on s’attendre à une augmentation du débit ? Difficile à dire. Durant les jours qui ont précédé le redémarrage de Nord Stream 1, le président Vladimir Poutine n’a cessé de souffler le chaud et le froid à propos de la reprise des activités du gazoduc.

De passage à Téhéran, en Iran, le président russe avait en effet indiqué qu’en l’absence de certains documents, la turbine nécessaire au redémarrage du pipeline ne pouvait être acheminée jusqu’en Russie, compromettant le calendrier de relance. Un problème administratif qu’il attribuait évidemment à l’Occident.

Et bien qu’il ait indiqué que Gazprom remplirait « pleinement » ses promesses, il avait également prévenu d’une possible baisse des livraisons à la fin du mois de juillet en raison de la maintenance d’une seconde turbine. Les capacités de Nord Stream 1 pourraient ainsi baisser à 20%.

Un moyen de pression politique

Pour beaucoup, notamment Berlin, les différentes déconvenues sont en réalité des prétextes utilisés par Moscou pour mettre la pression sur l’Europe. L’ouest du vieux continent fait en effet face à une véritable crise énergétique et les responsables européens craignent que cela empire à l’approche de l’hiver.

Les réserves de gaz sont en effet loin d’être remplies. C’est pourquoi le redémarrage de Nord Stream est si crucial. Encore faut-il que le débit soit important. À seulement 40% de ses capacités, il était déjà difficile d’imaginer que l’Europe puisse remplir 90% de ses réserves d’ici l’hiver. Avec un débit moindre, cet objectif semble encore plus difficile à atteindre.

D’ailleurs, si la Russie a repris son approvisionnement en gaz naturel vers l’ouest du vieux continent, ce dernier n’est pas à l’abri d’une coupure. Mercredi, l’Union européenne demandait à ses membres de réduire leur consommation de gaz de 15% pour « passer un hiver en toute sécurité ».

Une chose est sûre, on n’a pas fini d’entendre parler du gazoduc Nord Stream 1.

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