Le FMI s’inquiète de l’économie mondiale : « La lutte contre l’inflation doit être la première priorité des responsables politiques »

Sans surprise, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale, mais a relevé ses prévisions d’inflation, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Selon l’économiste en chef Pierre-Olivier Gourinchas, les banques centrales devraient augmenter les taux d’intérêt jusqu’à ce que l’inflation soit à nouveau maîtrisée.

L’économie mondiale se dirige vers le scénario redouté de la stagflation : une croissance toujours plus lente et des prix en hausse.

Le FMI abaisse ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale à 3,2 % cette année et 2,9 % l’année prochaine. C’est respectivement 0,4 point et 0,7 point de moins que la prévision précédente, qui ne datait que d’avril. Il s’agit également d’une réduction de près de moitié du taux de croissance par rapport à l’année dernière.

Priorité absolue

Mais le problème de la croissance, selon l’économiste en chef du FMI Pierre-Olivier Gourinchas, doit maintenant céder la place à un problème encore plus pressant : l’inflation galopante. « L’inflation à son niveau actuel représente un risque évident pour la stabilité macroéconomique actuelle et future », écrit-il. « La faire baisser devrait être la priorité absolue des décideurs politiques ».

Maintenant que la Banque centrale européenne a elle aussi finalement relevé ses taux d’intérêt, toutes les banques centrales des économies développées adoptent des taux d’intérêt plus élevés et des politiques de resserrement monétaire. Cela rend le crédit plus cher pour les entreprises et les consommateurs et ralentit ainsi une croissance économique déjà peu dynamique.

Mais il n’y a pas d’autre solution, affirme l’économiste en chef du FMI. « Le resserrement de la politique monétaire aura inévitablement un coût économique réel, mais le fait de le retarder ne fera qu’exacerber les problèmes. Les banques centrales qui ont commencé à resserrer leur politique doivent maintenir le cap jusqu’à ce que l’inflation soit contenue. »

Des finances publiques chancelantes

Si la politique monétaire est contrainte de rester en suspens, il appartiendra aux politiques budgétaires des gouvernements de stimuler l’économie et de soutenir les plus faibles de la société, ajoute l’économiste français. Mais de nombreux pays n’ont pas mis de l’ordre dans leurs finances publiques. La seule solution consiste à compenser les stimuli ciblés par des hausses d’impôts générales ou une réduction des autres dépenses publiques. Toutefois, cela nécessite des choix politiques difficiles.

Pour rendre le tableau encore plus déprimant, la crise du COVID et le changement climatique pourraient également frapper de leurs nuées l’économie mondiale. Le FMI préconise une « coopération multilatérale » dans ces domaines, ainsi que pour éviter des pénuries alimentaires régionales.

Gourinchas : « Les perspectives se sont considérablement détériorées depuis avril. Le monde pourrait bientôt vaciller au bord d’une récession mondiale, deux ans seulement après la dernière. »

(JM)

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