Le dossier des pensions reste bloqué : le PS n’a pas besoin à tout prix d’un accord

Il reste deux dossiers à régler pour « l’accord de l’été », désormais appelé « agenda de l’été » : les négociations avec Engie et les retraites. Une discussion budgétaire plus restreinte suivra cette semaine, après un rapport du Comité de monitoring, mais personne ne s’attend à ce qu’une véritable discussion politique s’ensuive. Les dossiers les plus importants – les dossiers socio-économiques – ont tous été déplacés à l’automne. Ce sera aussi l’occasion du véritable contrôle budgétaire pour le gouvernement fédéral.

  • Hier, il y a eu une longue réunion sur les retraites. Et les signaux ne sont pas vraiment porteurs d’espoir. Car les calculs étaient incomplets, à la grande frustration de certains partenaires. Mais pire : une vieille menace du PS est revenue sur la table. Les socialistes francophones ne sont pas prêts à « avaler n’importe quoi ». Plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord pour eux.
  • Et dans ce qui était présenté hier, principalement sous la pression du CD&V et des libéraux, il y a beaucoup de choses que les socialistes rangent comme des « recettes suédoises ». Encore une fois, l’allongement du temps de travail pour les travailleurs de la SNCB ou du ministère de la Défense, cela semble totalement hors de question pour les socialistes. Si c’est le cas, le PS s’accrochera simplement au trophée qu’il a déjà remporté : l’augmentation de la pension minimum à 1 500 euros nets.
  • Il y a eu de nombreuses discussions sur le document qui a servi de base à la discussion, celui du Premier ministre (qui contenait trop de points difficiles pour le PS). Pour rappel, les discussions se fixent sur 4 points : le bonus pension, la réduction des écarts entre les hommes et les femmes, et les deux sujets qui fâchent, l’accès à la retraite anticipée et à la pension minimum.
    • Concernant l’accès à la retraite anticipée, le Premier ministre ouvre la voie aux 42 ans de carrière minimum, mais à la condition d’avoir effectué 35 ans à temps plein (208 jours de travail par an). Le PS ne veut pas de condition aux 42 ans de carrière.
    • Au sujet de l’accès à la pension minimum à 1.500 euros, les positions entre la droite et la gauche sont encore trop éloignées. Pour rappel, les socialistes veulent garantir cet accès à partir de 10 ans de carrière (à temps partiel) contre 20 ans (à temps plein) pour les libéraux. En outre, c’est la qualification de ce qui est considéré comme « travail effectif » qui bloque. Les socialistes estiment que des milliers de personnes seront privées de cet accès à la pension minimum (personnes en formation, malades de longue durée…).
    • Fait notable, le front socialiste se brise une fois de plus. Cette fois sur la question de l’accès à la pension minimum. Pour le président de Vooruit, Conner Rousseau, « travailler dix ans à temps partiel n’est pas suffisant », a-t-il estimé sur la VRT. Pour lui, le travail doit être mieux récompensé. Un mantra qu’on entend souvent dans la bouche des autres partenaires de la Vivaldi.
  • Car ces interventions structurelles sont précisément le type de réformes qui sont nécessaires pour la droite de la Vivaldi. Tant le CD&V, MR que l’Open Vld doivent pouvoir présenter une réforme défendable à leurs électeurs. Une réforme qui doit rendre le système des retraites soutenable financièrement.
  • Le moment est délicat. Car demain, la Commission sur le vieillissement présentera un nouveau rapport qui décrit les coûts à long terme des pensions. Et cela n’augure rien de bon : le rapport ajoutera certainement de l’huile sur le feu pour ceux qui réclament à cor et à cri une réforme structurelle bien plus profonde que ce qui est proposé par la Vivaldi.
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