Principaux renseignements
- Le déficit budgétaire de l’Italie devrait passer sous la limite de 3 pour cent fixée par l’UE, ce qui permettrait à Rome de sortir prématurément de la procédure disciplinaire.
- La fin des fonds de relance européens après la crise du coronavirus représente un défi majeur pour la croissance économique et les finances publiques.
- L’Italie subit la pression de la hausse des charges d’intérêt sur son énorme dette publique. Dans le même temps, le pays est confronté à une incertitude politique à l’approche des élections de 2027.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni devrait recevoir lundi des nouvelles positives concernant le déficit budgétaire du pays. L’office national des statistiques devrait confirmer que, pour la première fois depuis 2019, le déficit est passé sous le seuil européen de 3 pour cent du PIB. L’Italie pourrait ainsi sortir plus tôt que prévu de la procédure disciplinaire de l’Union européenne. Cette performance récompense les efforts consentis par l’Italie pour maîtriser ses dépenses.
Toutefois, les analystes mettent en garde contre les défis potentiels qui attendent l’économie italienne. À partir de cet automne, l’Italie ne recevra plus les fonds de relance post-Covid (NGEU) de l’UE qui ont soutenu sa croissance atone ces dernières années. Certains investisseurs s’inquiètent du fait que Meloni pourrait augmenter les dépenses à l’approche des élections nationales de 2027.
Fin de la procédure disciplinaire a un prix
Fabio Balboni, économiste senior chez HSBC, prévient que si la sortie anticipée de la procédure disciplinaire est louable, elle pourrait avoir un coût. Il souligne que la fin des fonds NGEU pourrait entraîner une baisse significative des finances publiques à partir de l’année prochaine. Cette situation constituerait un héritage difficile pour le prochain parlement.
La réduction du déficit italien, qui passerait de 7,2 pour cent du PIB en 2024 à 3 pour cent en 2025, est louable. Cependant, des inquiétudes subsistent quant à la trajectoire budgétaire de l’Italie. Les analystes de la Commerzbank soulignent la hausse potentielle des charges d’intérêt comme un facteur susceptible d’entraver la poursuite de l’amélioration du ratio de déficit.
Augmentation des charges d’intérêt
Avec une dette publique dépassant régulièrement les 3 000 milliards d’euros, l’Italie est confrontée à une augmentation des paiements d’intérêts sur sa dette. Ce fardeau devrait passer d’environ 90 milliards d’euros cette année à environ 105 milliards d’euros d’ici 2028.
La stabilité politique depuis l’arrivée au pouvoir de Meloni a été un facteur positif. Cependant, les élections de 2027 qui approchent introduisent une incertitude. Les analystes suggèrent que les tentatives de la coalition au pouvoir de modifier les règles électorales et l’augmentation potentielle des dépenses préélectorales pourraient peser sur les finances publiques.
Budget sur la bonne voie
La banque BBVA prévoit que l’Italie maintiendra sa trajectoire budgétaire actuelle. Cela devrait se traduire par un déficit inférieur à 3 pour cent. La banque reconnaît toutefois que des questions subsistent quant aux choix politiques, notamment dans la perspective des élections de 2027.
La croissance économique de l’Italie a été modeste, estimée à seulement 0,5 pour cent l’année dernière et à 0,7 pour cent en 2026. Certains analystes affirment que sans les fonds du NGEU, l’Italie aurait pu entrer en récession l’année dernière. La fin de ces versements soulève des doutes quant aux prévisions de croissance de Rome pour 2027 et 2028 et pourrait exercer une pression sur les finances publiques.
Optimisme quant à la croissance durable
Malgré les défis à relever, Loredana Federico, économiste en chef pour l’Italie chez UniCredit, se montre optimiste. Elle estime que les efforts récents en matière de consolidation budgétaire jettent les bases d’une croissance durable à l’avenir. Il s’agit notamment d’élargir l’assiette fiscale, de renforcer la discipline budgétaire et d’augmenter les investissements publics. (uv)
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