Le chef de l’opposition hongroise accuse les États-Unis d’ingérence électorale


Principaux renseignements

  • Péter Magyar accuse les États-Unis de s’ingérer dans les prochaines élections hongroises.
  • La visite du vice-président américain JD Vance à Budapest renforce les liens avec la Hongrie et apporte son soutien au Premier ministre Viktor Orbán.
  • Les accusations d’ingérence étrangère ne se limitent pas aux États-Unis. La Hongrie faisant également l’objet d’une surveillance étroite en raison de liens potentiels avec la Russie.

Le vice-président américain JD Vance est actuellement en visite en Hongrie afin de soutenir la campagne électorale du Premier ministre hongrois Viktor Orbán à l’approche des élections de dimanche. Orbán, au pouvoir depuis 16 ans, y fait face à un défi de taille. Pourtant, tout le monde ne s’en réjouit pas. Le chef de l’opposition hongroise et principal adversaire d’Orbán lors des élections, Péter Magyar, a vivement critiqué cette visite et accuse les États-Unis d’ingérence. Il a exprimé son désaccord sur les réseaux sociaux et a souligné que les affaires de la Hongrie devaient être déterminées par son propre peuple et ne devaient pas être influencées par des entités étrangères telles que les États-Unis, la Russie ou l’Union européenne.

Renforcement des liens

Orbán tente de tirer parti de ses relations avec Donald Trump et Marco Rubio pour rallier des soutiens. Trump a publiquement soutenu Orbán, le qualifiant de « l’un des plus forts » dirigeants mondiaux. La visite de Vance en Hongrie est perçue comme un geste visant à renforcer les liens entre la Hongrie et les États-Unis.

La précédente visite de Rubio, le ministre américain des Affaires étrangères, en Hongrie n’a pas réussi à faire basculer le paysage politique en faveur d’Orbán. Des sondages indépendants suggèrent que la tentative de Rubio de mettre en avant un « âge d’or » dans les relations entre les États-Unis et la Hongrie n’a eu qu’une influence minime sur le sentiment des électeurs.

Les analystes estiment que seule une intervention personnelle de Trump pourrait mobiliser la base d’Orbán et convaincre les électeurs indécis. Une telle visite serait toutefois risquée pour Trump, surtout si Orbán perdait les élections.

Paysage politique

Le moment choisi pour la visite de Vance est révélateur, puisqu’elle a lieu à peine quelques jours avant les élections. Pourtant, cette marque de loyauté de la part du gouvernement américain ne changera probablement pas grand-chose. En Hongrie, on assiste à une vague croissante de résistance contre le parti au pouvoir, le Fidesz. Cette opposition met l’accent sur la fragilité économique du pays, le népotisme et la corruption associés à Orbán. Grâce à cette résistance populaire, le parti Tisza de Péter Magyar s’est retrouvé en position de force. Selon le Poll of Polls de Politico, Magyar est en tête dans les sondages pour remporter les élections depuis fin 2024.

Au-delà des États-Unis

La controverse et les accusations d’ingérence étrangère n’ont certainement pas manqué au cours de cette campagne électorale. En dehors des États-Unis également, des accusations d’ingérence étrangère provenant d’autres sources ont été formulées. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a admis avoir eu des entretiens avec des responsables russes alors que les ministres de l’UE délibéraient sur de nouvelles sanctions contre la Russie. Cela suggère que Budapest tente peut-être d’atténuer l’impact sur les élites russes et les transports de pétrole. De plus, un documentaire indépendant intitulé « The Price of a Vote » a affirmé que, dans les zones rurales, des votes avaient été achetés à grande échelle et que des électeurs avaient été intimidés. Le gouvernement hongrois a rejeté ces allégations, les qualifiant de motivées par des considérations politiques.

Ce n’est pas la première fois que la Hongrie est confrontée à de telles controverses lors d’un cycle électoral. En 2022, on prévoyait qu’une opposition unie constituerait un défi de taille pour Orbán, mais le Fidesz a finalement réussi à obtenir une majorité des deux tiers. (ev)

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