L’arme de TikTok contre le cyberharcèlement? Masquer les handicapés

L'application TikTok a admis qu'elle avait mis en place une politique de modération limitant la visibilité des vidéos publiées par les utilisateurs handicapés.
Image d’illustration (Isopix)

L’application TikTok a admis qu’elle avait mis en place une politique de modération limitant la visibilité des vidéos publiées par les utilisateurs handicapés.

Cette ‘politique directe et temporaire’ comme l’appelle TikTok visait à freiner le harcèlement. Elle a pourtant des airs très discriminants. Pour protéger les personnes souffrant de handicap, TikTok a décidé de les rendre moins visibles. La solution de la simplicité qui risque de faire plus de mal que de bien.

C’est le blog technologique allemand Netzpolitik qui a révélé cette information lundi. Le média a obtenu des documents de TikTok sur les anciennes directives de modération fixant les règles concernant ‘les images de personnes très vulnérables au cyberharcèlement’. Ces utilisateurs sont décrits comme ‘susceptibles d’être harcelés ou cyberharcelés en raison de leur état physique ou mental’. Des captures d’écran révélées par le blog allemand montrent des exemples de défigurations, d’autisme et de trisomie 21. 

‘Risque 4’

Selon TikTok, ces personnes handicapées sont effectivement hautement vulnérables au harcèlement puisque l’application les classe dans la catégorie ‘Risque 4’. Celle-ci ne permet la visibilité des vidéos que dans le pays où elle est d’abord publiée par l’utilisateur. L’application prenait même la liberté de masquer des vidéos du flux principal ‘For You’ si elles atteignaient un certain nombre de vues. 

Cette politique de modération serait restée d’actualité sur l’application jusqu’en septembre de cette année au moins, comme l’annonce Business Insider. Pour seule défense, TikTok assure que cette politique ‘n’avait jamais été conçue pour être une solution à long terme, mais plutôt comme un moyen de gérer une tendance problématique.’

Punir les harcelés

Le problème, c’est que cacher ces utilisateurs revient non seulement à faire l’autruche mais ne règlera pas la problèmatique du cyberharcèlement. C’est comme punir ces personnes pour leur handicap au lieu de réprimer les harceleurs. 

L’application a tout de même fait amende honorable en avouant que cette approche était mauvaise, ‘bien que l’intention était bonne’. Ils ont depuis modifié leur politique de modération. En espérant qu’ils remettent leurs ‘bonnes intentions’ en question…