L’AIE met en garde : les restrictions chinoises à l’exportation menacent 6 500 milliards de dollars de l’économie mondiale


Principaux renseignements

  • Les restrictions chinoises sur les exportations de terres rares menacent une production mondiale de 6 500 milliards de dollars (environ 5 700 milliards d’euros).
  • La diversification des chaînes d’approvisionnement offre une protection vitale contre l’instabilité géopolitique.
  • La mise en place de réserves stratégiques multilatérales nécessite des investissements modestes pour éviter un effondrement économique.

Une analyse récente de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en évidence une menace économique annuelle potentielle de 6 500 milliards de dollars (environ 5 700 milliards d’euros) pour la production mondiale en aval si la Chine appliquait pleinement ses restrictions sur les exportations de terres rares.

Selon l’agence, la concentration extrême de ces chaînes d’approvisionnement rend l’économie mondiale fragile, car une valeur financière immense repose sur des quantités limitées de minéraux essentiels.

Réserves stratégiques proposées

Pour atténuer ces vulnérabilités, l’AIE propose une approche multilatérale visant à constituer des réserves de 11 matières premières à haut risque. La mise en place de tels stocks nécessiterait un investissement initial de 9,2 milliards de dollars (environ 8 milliards d’euros) et des dépenses annuelles récurrentes d’environ 900 millions de dollars (environ 785,5 millions d’euros).

Bien que ces coûts soient substantiels, l’AIE affirme qu’ils sont négligeables par rapport aux répercussions financières dévastatrices qui résulteraient de graves interruptions d’approvisionnement.

Conflit commercial

Les tensions autour de ces ressources se sont intensifiées lors du récent conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, les restrictions à l’exportation imposées par Pékin ayant eu un impact sur la production de composants électroniques et de technologies satellitaires.

Le rapport souligne que, bien que ces minéraux ne représentent qu’une petite partie des coûts globaux de fabrication, des flambées soudaines des prix peuvent déstabiliser le commerce international et la production industrielle.

Le secteur du raffinage reste concentré

Bien qu’il y ait des signes de progrès – tels que les initiatives de raffinage en Malaisie et aux États-Unis qui pourraient faire passer la part de marché de la Chine de 85 pour cent à 70 pour cent d’ici 2035 – , la concentration géographique globale reste préoccupante.

L’AIE souligne que les capacités de raffinage sont de plus en plus centralisées, la Chine et l’Indonésie représentant à elles deux plus de 75 pour cent de la croissance de l’offre de produits raffinés pour les minéraux énergétiques essentiels comme le nickel.

Prime de sécurité

Le directeur de l’AIE, Fatih Birol, a souligné que si la diversification des sources peut entraîner une hausse des coûts, celle-ci doit être considérée comme une « prime de sécurité » nécessaire.

À une époque d’instabilité géopolitique, investir dans des chaînes d’approvisionnement diversifiées constitue une forme essentielle d’assurance économique contre les risques posés par des pays tels que le Zimbabwe, la République démocratique du Congo et la Chine.

(at)

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