La sénatrice américaine Elizabeth Warren souhaite obliger les institutions financières à rendre publics les financements accordés au secteur de l’IA


Principaux renseignements

  • La loi sur la transparence de la bulle de l’IA proposée par la sénatrice Elizabeth Warren impose la divulgation financière des investissements liés à l’IA.
  • Les régulateurs cherchent à mettre au jour les structures de dette opaques afin d’éviter un effondrement économique systémique.
  • Des obstacles législatifs et des préoccupations environnementales menacent le parcours du projet de loi vers son adoption.

Une nouvelle proposition de loi présentée par la sénatrice Elizabeth Warren vise à obliger les organismes financiers à révéler l’ampleur de leurs investissements et de leurs prêts dans le secteur de l’intelligence artificielle. Intitulé « AI Bubble Transparency Act », ce projet de loi est conçu pour renforcer la surveillance des capitaux colossaux qui affluent actuellement vers ce secteur.

Obligations de déclaration

La législation imposerait aux banques et aux sociétés d’investissement de déclarer leurs participations en actions et en titres de créance dans les fournisseurs de services cloud, les fabricants de puces, les hyperscalers et les centres de données à l’Office of Financial Research (OFR). Cet organisme gouvernemental, créé en vertu de la loi Dodd-Frank et rattaché au Trésor, transmettrait ensuite les informations recueillies au Congrès dans un délai de douze mois.

Cette volonté de transparence fait suite à une explosion des dépenses en IA, les entreprises recourant à divers marchés de crédit pour financer leur expansion. Un exemple phare est l’accord de financement historique de 35 milliards de dollars (30 milliards d’euros) obtenu par Anthropic par l’intermédiaire de Blackstone et d’Apollo Global Management pour le développement de ses infrastructures.

Inquiétudes concernant la stabilité économique

La sénatrice Warren, qui coparraine le projet de loi avec le sénateur Richard Blumenthal, a fait part de ses inquiétudes concernant la stabilité de l’économie. Elle a fait valoir que le recours à des structures de dette opaques et à une comptabilité complexe pour financer des projets d’IA de plusieurs milliards de dollars pourrait conduire à une catastrophe financière. En exigeant ces divulgations, elle estime que les régulateurs peuvent identifier les vulnérabilités systémiques avant qu’elles ne déclenchent une crise.

Les exigences proposées sont détaillées et demandent aux entreprises de divulguer des données spécifiques sur l’exposition au risque de crédit, telles que le montant du prêt, les taux d’intérêt, les garanties et les instruments de dette spécifiques utilisés. En outre, le projet de loi exige la transparence concernant la santé financière des emprunteurs, y compris le montant total de leur dette en cours et leurs bénéfices annuels.

Obstacles législatifs

Au-delà de la collecte de données, la loi chargerait le Conseil de surveillance de la stabilité financière (FSOC) de publier un rapport complet. Ce document évaluerait le degré d’interdépendance entre le système financier et l’IA et identifierait les risques indirects. Sur la base de ces conclusions, le FSOC proposerait des stratégies au Congrès et aux agences de régulation afin de prévenir un effondrement potentiel du marché induit par l’IA.

Malgré ces efforts, le projet de loi se heurte à des obstacles importants, car Warren et Blumenthal appartiennent tous deux à la minorité au Sénat et n’ont pas le pouvoir d’imposer un vote. Ces efforts législatifs coïncident avec une opposition publique croissante à l’infrastructure de l’IA, plusieurs projets de centres de données ayant été annulés cette année en raison de leur forte consommation d’électricité et d’eau.

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