Principaux renseignements
- Les avions A-50U russes assurent une couverture radar essentielle pour intercepter les missiles ukrainiens à longue portée.
- Les forces ukrainiennes ciblent activement ces avions irremplaçables au sol afin de neutraliser les défenses russes.
- L’arrêt du programme de successeur de l’A-100 prive l’armée de tout moyen de remplacer le matériel perdu.
Les capacités de surveillance aérienne de la Russie s’amenuisent à mesure que sa flotte d’avions d’alerte précoce Beriev A-50U subit de lourdes pertes. Ces appareils spécialisés à quatre moteurs, équipés d’un radar monté sur le toit, constituent un élément essentiel de la stratégie de défense aérienne en profondeur du pays, permettant la détection et l’interception des missiles ukrainiens visant des sites industriels stratégiques situés loin de la frontière.
Cependant, cette dépendance crée une vulnérabilité, car les forces ukrainiennes ciblent activement ces appareils encombrants lorsqu’ils sont stationnés au sol. Comme aucun remplacement n’est actuellement disponible, la perte totale de ces avions priverait considérablement les défenses aériennes russes de leur capacité de détection, ce qui entraînerait probablement une augmentation du nombre de frappes ukrainiennes réussies.
Rôle crucial dans l’interception des missiles
L’importance de ces appareils a été mise en évidence lors d’une opération menée le 4 juillet, au cours de laquelle l’Ukraine a lancé cinq missiles de croisière Fire Point FP-5 Flamingo en direction de Votkinsk, situé à 1 400 km de la ligne de front. Ces munitions lourdes, qui transportent des ogives de 1 150 kg, échappent généralement à la détection en naviguant à travers les vallées fluviales et en utilisant le relief naturel comme couverture. Lors d’attaques précédentes, telles que celles menées contre des usines à Volgograd et à Tcheboksary, les FP-5 avaient réussi à contourner les défenses.
Cependant, à cette occasion, l’armée de l’air russe a déployé un A-50U pour survoler les trajectoires de vol des missiles. En éliminant les angles morts causés par la courbure de la Terre, le radar de l’appareil a permis de détecter les missiles de croisière, ce qui a conduit à l’interception des cinq projectiles.
Flotte réduite
Malgré ce succès tactique, la pérennité de telles opérations est remise en question. Selon Michael Bohnert, analyste à la RAND, le maintien d’un seul avion en patrouille permanente nécessite une rotation de quatre appareils pour tenir compte du service actif, des temps de transit et de la maintenance nécessaire.
Avec une flotte limitée, la Russie parvient à peine à maintenir deux de ces avions en vol à tout moment.
Pas de remplacement
La situation est encore aggravée par un manque de matériel neuf. Selon certaines informations, le développement de l’avion qui doit succéder à l’A-50U, le Beriev A-100, aurait été suspendu par le Kremlin. Depuis le début du conflit en février 2022, le parc russe d’A-50U — qui comptait probablement sept appareils au départ — a été décimé.
Plusieurs appareils ayant été complètement détruits et d’autres endommagés, l’armée russe peine à maintenir son moyen de détection aérienne le plus efficace. (fc)
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