La Russie a perdu du terrain pour la première fois en Ukraine et concentre désormais ses attaques sur les stations-service


Principaux renseignements

  • Au cours de la période écoulée, la Russie a, pour la première fois, perdu plus de territoire qu’elle n’en a conquis.
  • La Russie change donc de tactique et cible systématiquement les stations-service ukrainiennes afin de perturber les réseaux logistiques et de soutien essentiels.
  • Ces frappes stratégiques pourraient annoncer une offensive hivernale désespérée visant à forcer l’Ukraine à faire des concessions territoriales.

Des rapports récents indiquent un changement stratégique dans les tactiques russes, avec un effort concentré visant à détruire les stations-service ukrainiennes en juin et juillet. En moyenne, trois installations ont été prises pour cible chaque jour, souvent à l’aide de drones, notamment des versions de fabrication russe de la technologie iranienne Shahed. Si bon nombre de ces attaques ont eu lieu près des lignes de front, certaines ont atteint Kiev. À Zaporijia, les autorités ont signalé plus de 50 incidents de ce type en l’espace de 24 jours en juillet.

Centres essentiels

Ces stations-service ne sont pas de simples points de ravitaillement. Ce sont des centres essentiels où les soldats, les chauffeurs de transport et les civils déplacés se rassemblent pour se reposer et se regrouper.

La destruction de ces sites, dont des dizaines appartenant au groupe Naftogaz, est considérée comme une tentative délibérée de démanteler le réseau de soutien destiné à ceux qui fuient le conflit. Des victimes ont été signalées lors de ces frappes, notamment lors d’un tragique incident survenu dans l’oblast de Dnipropetrovsk qui a coûté la vie à un secouriste et à son jeune fils.

Représailles

Selon les analystes, ces frappes constituent une riposte aux attaques menées avec succès par l’Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes. La Russie est actuellement confrontée à ses propres pénuries de carburant, qui ont entraîné des troubles publics et des altercations physiques aux stations-service. Cette crise intérieure aurait érodé le soutien de la population à la guerre, les citoyens ordinaires étant contraints de faire face aux échecs économiques de la stratégie du Kremlin.

Certains experts affirment que l’imposition de nouvelles sanctions sur le pétrole russe afin d’épuiser davantage ses réserves de carburant pourrait constituer un facteur décisif pour mettre fin au conflit.

Craintes d’une escalade hivernale

Ce schéma d’agression pourrait annoncer une escalade plus large. Après une campagne printanière au cours de laquelle la Russie a, pour la première fois depuis des années, perdu plus de terrain qu’elle n’en a conquis, certains craignent que Vladimir Poutine ne prépare une offensive désespérée de type « tout ou rien » pour l’hiver à venir.

Les experts estiment que le Kremlin a l’intention de déclencher une crise humanitaire massive par des frappes à grande échelle pendant les mois les plus froids, afin d’utiliser le chaos qui en résulterait comme moyen de pression pour obtenir des concessions concernant la région du Donbass. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus