La moitié des clients de Gazprom a déjà ouvert un compte en roubles « et dans deux jours, on saura qui exactement »

De plus en plus de compagnies cèdent au petit jeu de Poutine, et ouvrent des comptes en roubles pour payer les livraisons de gaz.

La stratégie de Poutine semble marcher. Il a exigé que le gaz livré par son pays soit payé en roubles, et petit à petit les clients cèdent et ouvrent des comptes, libellés dans la devise russe, auprès de Gazprombank. Ainsi, la moitié des 54 clients de Gazprom est déjà passée à l’acte, rapporte Reuters, citant les dires du Vice-premier ministre russe Alexander Novak.

La Pologne et la Bulgarie ont montré de la résistance face aux exigences de Poutine. Résultat : la Russie a fermé les robinets. La compagnie publique finlandaise Gasum refuse également, et va intenter un procès à Gazprom. La perspective de voir le robinet fermé fait sans doute peur à d’autres pays, qui ne veulent pas voir leur approvisionnement (direct) s’arrêter du jour au lendemain. Pas plus tard que mercredi, la compagnie italienne Eni a annoncé ouvrir un compte en roubles auprès de Gazprombank.

Quelles entreprises?

Eni n’est visiblement pas la seule, mais Novak reste mystérieux sur le sujet : « Les paiements du gaz dans le cadre des principaux contrats sont dus … et il y a des informations selon lesquelles certaines grandes entreprises ont déjà ouvert des comptes, payé (les factures de gaz) et sont prêtes à payer à temps », lance Novak lors d’un forum. « Dans les deux prochains jours, nous verrons la liste définitive de ceux qui ont payé en roubles et de ceux qui ont refusé. »

Un ensemble de compagnies qui fera tache à l’Europe et ébranlera son unité. D’un côté, l’UE (à travers les 27 États membres) annonce des sanctions envers la Russie, s’indigne du sort des Ukrainiens attaqués par la Russie, et met sur pied des plans pour se débarrasser au plus vite des énergies fossiles russes, et d’un autre côté, les entreprises énergétiques, qui souvent sont en partie ou entièrement publiques, cèdent au petit jeu de celui que leurs pays respectifs n’hésitent pas à qualifier de tyran sanguinaire.

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