Principaux renseignements
- La marine américaine examine une demande visant à déplacer les porte-avions de classe Ford pour des raisons esthétiques.
- Les îlots situés à l’arrière optimisent l’efficacité du pont d’envol et les cycles de récupération des appareils.
- Le déplacement de la superstructure coûterait des milliards et entraînerait des retards catastrophiques dans la construction navale.
La Marine américaine étudierait actuellement la possibilité de déplacer la superstructure de l’îlot des porte-avions de classe Ford davantage vers la proue. C’est ce qu’écrit TWZ. Cette éventuelle refonte serait motivée par le président Donald Trump, qui préfère un style visuel rappelant les navires de la Seconde Guerre mondiale.
Cette demande s’accompagne d’ordres visant à reconsidérer l’utilisation des ascenseurs d’armes avancés (AWE) et des catapultes du système de lancement électromagnétique d’avions (EMALS) sur les futurs navires, tels que l’USS Doris Miller.
L’ingénierie derrière la conception
Cependant, le déplacement de l’îlot est une tâche bien plus complexe que le simple remplacement d’équipements. Son emplacement actuel est le résultat de recherches approfondies menées entre 1996 et 2000, au cours desquelles la Marine a évalué 75 options d’agencement différentes.
Si les navires de la classe Ford ont à peu près la même longueur que ceux de la classe Nimitz, leur îlot est situé 140 mètres plus près de la poupe. Ce positionnement stratégique, associé à une superstructure plus petite et plus anguleuse, a été conçu pour optimiser l’efficacité du pont d’envol.
Avantages opérationnels du positionnement à l’arrière
Sur le plan opérationnel, le déplacement de l’îlot vers l’arrière offre plusieurs avantages essentiels. Le contre-amiral Paul Lanzilotta, ancien commandant de l’USS Gerald R. Ford, a souligné que cette configuration améliore le « cycle » de lancement et de récupération des aéronefs.
En reculant l’îlot, la Marine peut ravitailler et réarmer les avions plus efficacement sans interrompre les opérations de récupération. De plus, cette conception augmente la surface totale utilisable du pont d’envol, qui passe de 4,5 acres sur la classe Nimitz à cinq acres sur la classe Ford, et peut réduire les turbulences pour les aéronefs à l’atterrissage.
Gestion des « angles morts »
Bien que la position à l’arrière crée un « angle mort » plus important près de la proue, la Marine américaine gère ce problème grâce à des capteurs de pointe, des bateaux de sécurité et un système de vidéosurveillance à ouverture distribuée qui remplace les salles de caméras traditionnelles présentes sur les navires plus anciens.
Cette tendance en matière de conception n’est pas propre aux États-Unis. Tant les porte-avions français de nouvelle génération que les projets conceptuels chinois ont adopté des îlots similaires positionnés à l’arrière.
Coûts financiers
D’un point de vue technique, l’îlot n’est pas un élément isolé, mais est profondément intégré à l’équilibre structurel, à la stabilité et aux caractéristiques de tenue en mer du navire.
Son déplacement nécessiterait une refonte massive des systèmes internes du navire et de nouveaux essais approfondis pour les réseaux radar principaux. Des études antérieures menées lors du premier mandat de Trump indiquaient qu’un tel changement pourrait coûter des milliards de dollars et entraîner de graves retards dans le programme.
Impact sur les infrastructures de construction navale
De tels retards seraient catastrophiques compte tenu de la situation actuelle de la Marine. Le programme de la classe Ford est déjà en retard, et les infrastructures de construction navale américaines – en particulier Newport News Shipbuilding – sont déjà soumises à une pression considérable.
Compliquer davantage la production de navires de surface à propulsion nucléaire retarderait encore le retrait des porte-avions vieillissants de la classe Nimitz, qui sont actuellement confrontés à des crises de disponibilité opérationnelle et de moral en raison d’exigences opérationnelles élevées.
Performances contre esthétique
En fin de compte, alors que l’intérêt du président repose sur l’esthétique, la conception de la Marine était axée sur les performances. Il n’est pas certain que ces modifications demandées soient mises en œuvre, car le calendrier d’un projet d’ingénierie d’une telle envergure pourrait s’étendre au-delà du mandat de l’administration actuelle ou être bloqué par le Congrès.
(at)
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