La livre britannique continue sa descente aux enfers: au plus bas depuis 37 ans, et ce n’est pas fini

La livre britannique a déjà perdu 15% par rapport au dollar, depuis le début de l’année. Elle est passée sous le seuil de 1,14 dollar ce vendredi, après la publication de mauvais chiffres pour l’économie, qui sonnent comme un signe de récession de plus. Il n’y a pas vraiment d’amélioration à l’horizon.

De mal en pire pour la livre britannique. Ce vendredi elle affiche son taux le plus bas en 37 ans : elle vaut moins que 1,14 dollar (1,1363 pour être exact, avant de remonter brièvement au-dessus de la barre de 1,14, pour s’établir à 1,1388 à l’heure d’écrire ces lignes).

Comment expliquer ce glissement rapide (perte de 0,9% en quatre heures)? L’Office national des Statistiques a publié un rapport sur les dépenses des consommateurs, au mois d’août. Les ventes de détail ont chuté de 1,6% par rapport au mois précédent. Une telle chute n’avait plus été observée depuis décembre. Les observateurs s’attendaient d’ailleurs à une chute moins prononcée, rapporte CNN Business. Des mauvaises nouvelles qui ont eu des répercussions sur le cours de livre.

Signe de récession?

La faiblesse de la livre de ces derniers mois vient des risques grandissants de récession qui planent sur le Royaume-Uni. Différents rapports contenant de mauvais chiffres publiés au fil de ces derniers mois ont également contribué à pousser la livre vers le bas. Elle affiche une perte de 15% par rapport au billet vert (particulièrement fort en ce moment), depuis le début de l’année, ce qui est une chute plus forte que celle de l’euro par exemple (-12%).

« Je pense que le Royaume-Uni est déjà en récession », estime Michael Hewson, analyste pour CMC Markets, auprès de CNN. La Banque d’Angleterre s’attend également à une récession.

Pas d’amélioration en vue

La nouvelle Première ministre, Liz Truss, a annoncé un plan d’aides à hauteur de 150 milliards de livres pour aider les ménages et les entreprises, mais pour l’instant cette enveloppe ne convainc pas le marché financier : le paquet d’aides creuserait la dette et ne permettrait pas de relancer la croissance.

Le Royaume-Uni connaît aussi un taux d’inflation élevé, de 9,9% en août. Or, l’inflation peut avoir un effet bénéfique sur une monnaie nationale (à travers la hausse des taux d’intérêt généralement décidée comme répond à l’inflation, qui rend les obligations plus attractives) mais ce n’est pas le cas au Royaume-Uni, où l’inflation plombe les ventes de détail et ralentit l’activité, comme indiqué plus haut. Cette situation met la banque centrale devant un dilemme : si elle continue à hausser les taux d’intérêt, elle pourrait freiner davantage une économie déjà fragile, mais si elle ne fait rien, l’inflation continuera son envolée et la livre sa chute.

Pour Hewson, le pound sterling pourrait même chuter jusque 1,10 dollar.

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