La guerre en Ukraine pourrait mener à « un événement biblique »: les prix des céréales augmentent dangereusement

Les prix des céréales augmentaient déjà avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie. C’est encore plus vrai pour le blé quand deux des plus grands producteurs se font la guerre. Mais c’est aussi le cas pour le maïs ou le soja. Des troubles alimentaires ont toujours précédé des troubles sociaux. C’est ce que nous apprend l’Histoire.

En un an, le blé a augmenté de 90%, l’avoine de 64%, le maïs de 32% et le soja de 20%. Ces produits sont à la base de notre alimentation. À l’échelle du globe, des milliards de personnes sont directement confrontées à cette inflation galopante.

« N’oubliez pas que les émeutes du pain sont ce qui a déclenché le printemps arabe, les émeutes du pain sont ce qui a déclenché la Révolution française », a déclaré Sal Gilbertie, PDG de Teucrium, le plus grand émetteur américain de fonds négociés en bourse axé uniquement sur les fonds agricoles. « C’est un événement biblique lorsque vous manquez de stocks de blé », explique-t-il à Yahoo Finance.

Sal Gilbertie ne pense pas que l’on manquera de blé à l’échelle mondiale, mais les prix pourraient continuer à augmenter de manière dramatique pour les populations les plus vulnérables, y compris en Occident.

« L’Ukraine domine ce qu’on appelle le marché des graines solaires », a-t-il déclaré. « L’huile de tournesol est un composant majeur de l’huile de cuisson et des aliments, et vous voyez aussi une augmentation de l’huile de palme et de l’huile de soja. C’est un gros problème, surtout pour les plus pauvres, pour qui l’alimentation représente une grande partie du budget quotidien. »

L’Inde et la Chine sont les deux plus grands producteurs de blé. Mais l’immense majorité de leur production est destinée à leur marché intérieur. Le plus grand exportateur de blé, c’est la Russie. L’Ukraine est elle en 5e position dans le classement mondial. Vous avez ainsi deux des plus grands producteurs mondiaux qui se font la guerre.

Gestion des stocks: incertitude

Les sanctions occidentales imposées à la Russie signifient concrètement que le blé déjà récolté là-bas n’est plus acheté pour le moment. Quant à l’Ukraine, on s’attend à ce que le stock de blé ne soit pas exporté cette année. La question demeure ouverte pour le blé actuellement planté. Personne ne sait très bien ce qu’il va advenir de lui. On parle ici du blé planté à l’automne et qui germe et pousse au printemps.

Il en est de même pour le maïs et le tournesol plantés normalement au printemps. Il n’est pas clair si les agriculteurs auront cette possibilité cette année, ou s’ils disposeront d’assez de carburant et d’engrais par exemple. Tout cela fait peser beaucoup d’incertitude et fera augmenter les prix dans les prochains mois.

On parle beaucoup des prix de l’énergie, mais on devrait aussi tenir à l’oeil les prix des céréales et donc des denrées alimentaires. Il faut retrouver un équilibre entre l’offre et la demande. En Europe, cela pourrait passer par remettre en activité de nombreuses terres laissées en jachère.

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