La Grèce emprunte à moins de 1 %. Il y a huit ans, c’était à 42 %

Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre de Grèce. EPA-EFE/GIAN EHRENZELLER

8 ans après la plus grande crise financière de son histoire, la Grèce est à nouveau un pays comme les autres. Pour les obligations d’État de 10 ans, le pays ne doit payer que 0,89 % d’intérêt. En 2012, il s’élevait à 42 %.

Cela n’empêche pas les agences de notation de crédit de continuer à considérer les bons d’Etat grecs comme des « junk bonds » (obligations poubelles). Mais à une époque où le principal taux d’intérêt de la BCE est négatif depuis des mois, moins de 1 % d’intérêt reste un ratio acceptable pour les investisseurs.

L’agence de presse Bloomberg a calculé que les investisseurs qui avaient des obligations grecques dans leur portefeuille l’année dernière ont gagné plus de 30 % au total. La chasse aux obligations d’État grecques a augmenté leur prix et a donc réduit l’intérêt sur celles-ci.

En octobre, la Grèce a même rejoint le club des pays qui pouvaient emprunter de l’argent tout en étant payés pour ça. Les obligations sur 3 mois ont ensuite été négociées avec un taux d’intérêt de -0,02 %.

Comment expliquer ceci ?

Les économistes s’arrachent les cheveux. Même si le produit intérieur brut (PIB) grec aurait augmenté d’environ 2% en 2019, la dette nationale représente toujours 185% de ce PIB. Comment peut-on l’expliquer ? La Grèce profite du fait que sa dette a été largement absorbée par l’UE et que l’UE ne reverra plus jamais cet argent. Les marchés savent désormais également que l’UE ne laissera jamais un de ses États membres faire faillite.

Tout cela a facilité le retour de la Grèce sur les marchés financiers. Au début de cette année, pour la première fois depuis 2009, le pays a même pu émettre des obligations sue 15 ans. L’émission a été sursouscrite 7 fois.

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