La France accélère le développement de drones sans pilote destinés à servir d’ailiers à ses avions de chasse Rafale


Principaux renseignements

  • La France accélère ses efforts de modernisation militaire en développant des drones de combat dotés d’IA afin de compléter ses avions de chasse pilotés.
  • Des capacités précises d’acquisition de cibles et de géolocalisation sont des exigences cruciales pour ces drones autonomes.
  • Ce « wingman » devrait être opérationnel d’ici deux à trois ans.

La menace d’un conflit potentiel avec la Russie entre 2028 et 2029 pousse la France à accélérer ses efforts de modernisation militaire. Un aspect clé de cette accélération est le développement de drones de combat dotés d’IA, appelés « loyal wingmen », destinés à compléter les avions de chasse pilotés existants.

Opérer de manière autonome aux côtés d’avions pilotés

Le général Dominique Tardif, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air française, a présenté ce concept lors d’une récente interview sur Politico. Il s’agit d’un véhicule aérien sans pilote pesant entre deux et quatre tonnes, capable d’opérer de manière autonome aux côtés d’avions pilotés lors de missions de combat. Une exigence cruciale pour ces drones est la capacité à détecter et à géolocaliser précisément les cibles – une capacité souvent négligée dans le développement des drones.

L’armée française prévoit de lancer officiellement un appel d’offres auprès de l’industrie pour ce programme de « loyal wingman ». Cette initiative s’inscrit dans une tendance mondiale, de nombreux pays recherchant activement des solutions de chasseurs sans pilote pour renforcer leurs capacités aériennes.

Ces drones pourraient constituer une solution intermédiaire pour l’armée française en attendant la mise en service du Rafale F5 modernisé, qui ne sera disponible qu’en 2030 au plus tôt.

Différentes options

L’Allemagne, confrontée à des difficultés avec le programme commun Future Combat Air System (FCAS), recherche également activement une option de chasseur sans pilote. Parmi les candidats potentiels figurent le MQ-28 Ghost Bat australien, que Rheinmetall est en train d’adapter, et l’américain XQ-58A Valkyrie, dont le développement est poursuivi par Airbus.

Cependant, la France devrait privilégier les solutions européennes ou celles développées au niveau national. Une possibilité est le CA-1 Europa allemand, une coentreprise entre Helsing et Grob, bien que son aptitude au vol reste incertaine. La France pourrait également privilégier l’exploitation des capacités nationales existantes, telles que le Dassault nEUROn, un véhicule aérien de combat sans pilote en cours de développement et d’essais depuis son premier vol en 2012.

Compte tenu du calendrier potentiel d’un conflit avec la Russie, le nouveau chasseur sans pilote devrait être opérationnel d’ici deux à trois ans, un délai serré étant donné que le processus d’acquisition n’a pas encore officiellement commencé.

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