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La fin de la voiture telle que nous la connaissons maintenant?

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Économie

26/12/2018 | Dominique Dewitte | 4 min de lecture

Les États membres de l’UE ont convenu la semaine dernière de nouvelles restrictions sur les émissions de CO2 des voitures particulières. Celles-ci devront émettre 37,5 % de CO2 en moins en 2030 par rapport à 2021. 

C’est une nécessité pour atteindre les objectifs climatiques énoncés dans l’accord de Paris. Ce pourcentage doit encore être approuvé par le Parlement européen et les gouvernements nationaux, mais il s’agit généralement d’une formalité.

La puissance des lobbys du secteur automobile diminue

Les experts du secteur automobile s’accordent pour dire que cet accord indique en particulier que le pouvoir du lobby automobile allemand est de plus en plus réduit. La conclusion d’un tel accord aurait été impossible il y a seulement 5 ans. En Allemagne, le lobby automobile doit également prendre de plus en plus compte de groupes environnementaux tels que la Deutsche Umwelthilfe (DUH), qui fait partie de l’European Environmental Bureau. La DUH a déjà imposé une interdiction des voitures à moteur diesel âgées de plus de trois ans plus tôt cette année via les tribunaux de plusieurs villes.

Le DUH souhaite maintenant imposer également une limitation de vitesse sur les autoroutes allemandes. Remarquable ? Pas vraiment, car l’Allemagne est toujours le seul pays européen à ne pas avoir de directive portant sur une vitesse maximale sur les autoroutes. 

L’industrie automobile est cruciale pour l’Allemagne

Même si le gouvernement allemand a instauré une limitation de vitesse de 100 km/h sur toutes les autoroutes allemandes afin d’économiser de l’énergie lors de la crise pétrolière de 1973 avec d’autres pays européens, cette règle a été levée quatre mois plus tard sous l’impulsion de la puissante association des automobilistes allemands ADAC. Jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement allemand n’a jamais été favorable à une telle limitation de la vitesse. La raison en est évidente : une telle règle aurait des conséquences négatives majeures sur le secteur automobile allemand, secteur crucial du pays, dans lequel travaillent 830 000 personnes et qui génère 14 % du PIB allemand.

Songez à Daimler/Mercedes, Porsche, Opel, BMW, Volkswagen et Audi. Quel est l’intérêt de faire une voiture capable de rouler à 250 km/heure si la vitesse maximale autorisée n’est que de 120 km/heure ? C’est encore le pouvoir du lobby automobile allemand qui garantit à l’Allemagne de conserver cette position exceptionnelle.

Le lobby de l’environnement n’a pas de vaches sacrées

Mais le DUH se fiche des vaches sacrées. Jürgen Resch, de l’organisation, plaide désormais pour une vitesse maximale de 120 kilomètres à l’heure dans toute l’Allemagne. Il pense que la question est justifiée à l’heure actuelle, car il y a « une situation d’urgence climatique« . Environ un quart de tous les gaz à effet de serre dans l’UE proviennent des voitures de tourisme et des camions.

Les chances qu’une telle règle soit adoptée au début de la prochaine décennie ne sont pas minces, étant donné que la prochaine coalition gouvernementale à Berlin sera certainement formée avec les Verts. Mais une telle mesure aura un impact énorme sur la préférence pour les voitures à moteur puissant dans le dernier pays du monde où cette puissance peut également être pleinement utilisée. [Les courses sur les autoroutes sont également très populaires de l’autre côté de nos frontières. Aux États-Unis, on vend des voyages en Allemagne où les gens peuvent louer une voiture pour traverser l’Allemagne en quelques jours, à toute vitesse sur l’autoroute].

La solution vient de … Chine

Les organisations environnementales ne sont que modérément satisfaites de la décision de l’UE. On parle d’un « pas dans la bonne direction », mais selon elles, la réduction de 37,5 % est encore insuffisante pour atteindre les objectifs de Paris en matière de climat. Elles ne sont pas non plus satisfaites de la suppression de la sanction prévue pour le non-respect du pourcentage obligatoire de voitures fonctionnant à l’électricité. Les experts du secteur s’accordent presque pour dire que l’UE ne peut atteindre les objectifs climatiques qu’en important des véhicules électriques produits en Chine.


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