La FGTB pas plus embalée que ça par la réforme des pensions, la FEB frémit…

Les réactions syndicales et patronales se poursuivent suite à la présentation de la réforme des retraites par la ministre Karine Lalieux (PS).

Le syndicat socialiste se montre modérément enthousiaste vendredi après la présentation faite dans la presse du projet de réforme des pensions de la ministre Karine Lalieux. « Certains éléments sur la table sont positifs », souligne-t-il, mais les réactions politiques laissent entrevoir de vives discussions au sein de la Vivaldi, de sorte qu’il est difficile pour l’instant d’être « hyper enthousiaste ou négatif ».

Parmi les éléments avancés par la ministre, la FGTB se réjouit du retour du bonus pension, de la condition unique de carrière de 42 ans et non plus complètement liée à l’âge ainsi que du nouveau mode de calcul pour la pension minimum.

Un autre bon point, c’est qu’on « sort de la logique ‘répressive’, alors qu’avec le ministre précédent les pensionnées et pensionnés étaient perçus comme une variable d’ajustement », estime la secrétaire fédérale Selena Carbonero.

L’absence de prise en compte de la pénibilité reste cependant un écueil important.

Comme ses homologues chrétien et libéral, le syndicat socialiste, bien que vigilant, espère désormais qu’une « vraie concertation sociale » sera possible pour mener des « débats sereins » sur les pensions, et la qualité de vie des personnes pensionnées.

FEB

Dans son communiqué, si la FEB « voit quelques points positifs comme la pension partielle, le bonus de pension ou encore le statut quo fiscal pour les pensions complémentaires », l’organisation patronale résume la réforme comme suit: « Il semble qu’une fois encore, on ait privilégié le court terme en reportant la facture – et donc les responsabilités – sur la jeune génération et celles qui lui succèderont.« 

« Des carrières plus courtes qu’il y a 50 ans, une population vieillissante, des taux d’emploi chez les jeunes et les seniors très bas, une inflation des périodes assimilées, des dépenses de pension qui flambent, des inégalités flagrantes entre pensionnés selon les statuts… », autant de défis qui ne sont pas compatibles avec des pensions plus élevées pour moins de temps de travail, estime l’organisation.

La FEB s’interroge également sur le coût: pour l’heure, la dépense pour les pensions s’élève à 11,5% du PIB, soit 50 milliards d’euros. Cette proportion pourrait monter à 14% d’ici 2050, selon le Comité d’études pour le vieillissement (CEV). En outre, la FEB s’inquiète de la volonté de faire converger le statut des salariés vers la retraite privilégiée des fonctionnaires, par le haut : un coût supplémentaire de 41,3 milliards d’euros selon l’organisation. Et encore, cette somme ne prend pas en compte la convergence du régime des indépendants, encore plus défavorable. Cette convergence n’est toutefois pas à l’odre du jour pour le moment.

Le président de la FEB adopte un ton cordial, sachant sans doute que les discussions politiques au sein de la Vivaldi feront encore bouger les lignes: « La réforme des pensions doit permettre de garantir une pension adéquate et équitable en tenant compte du contexte économique et démographique de la Belgique. Il va de soi qu’une telle réforme devra être couplée à un volet emploi pour faire en sorte de relever le taux d’emploi (des jeunes et des seniors) et de remettre en équilibre le rapport cotisants et pensionnés. Je suis ouvert à un débat de fond et sur base de données précises pour préserver la soutenabilité financière de notre système de pensions. »

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