Principaux renseignements
- Les coûts énergétiques liés à la situation en Iran alimentent une inflation dans toute l’Europe.
- Les marchés anticipent des hausses agressives des taux d’intérêt pour freiner la hausse des prix.
- Les tensions persistantes au Moyen-Orient menacent la stabilité à long terme de l’inflation sous-jacente.
La flambée des coûts énergétiques provoquée par le conflit en Iran a poussé l’inflation bien au-delà des prévisions dans les principales économies européennes, renforçant ainsi la pression sur la Banque centrale européenne (BCE) pour qu’elle procède à de nouvelles hausses des taux d’intérêt. Alors que la BCE a déjà relevé ses taux à deux reprises cette année pour freiner la hausse des prix, les investisseurs anticipent désormais des hausses plus agressives face à la flambée des prix du diesel, de l’essence et du gaz naturel.
Hausse de l’inflation sur tout le continent
Les données récentes mettent en évidence une tendance à la hausse généralisée. En septembre, la France a vu son inflation harmonisée grimper à 3,4 pour cent, contre 2,6 pour cent en août, tandis que le taux italien a bondi de 3,2 pour cent à 4,1 pour cent. L’Allemagne a connu une hausse légèrement supérieure aux prévisions, à 3,3 pour cent, bien que son inflation sous-jacente – qui exclut les produits alimentaires et l’énergie – soit restée stable à 2,4 pour cent pour le troisième mois consécutif. Par ailleurs, le taux d’inflation de l’Espagne a augmenté pour atteindre 5 pour cent, contre 4,6 pour cent le mois précédent.
Attentes du marché
Les experts financiers estiment que l’inflation pourrait atteindre 4 pour cent, dépassant ainsi les propres projections de la BCE pour la fin de l’année. En conséquence, les marchés anticipent quatre hausses de taux supplémentaires au cours de l’année à venir.
Ils ont fait remarquer qu’avec l’approche de l’hiver et la persistance des tensions au Moyen-Orient, les prix de l’énergie ne devraient pas baisser de sitôt. Cette trajectoire actuelle correspond davantage au scénario de prévision « défavorable » de la BCE qu’à son scénario de référence principal.
Pressions monétaires
Le renforcement du dollar américain vient aggraver la crise, car il augmente le coût des matières premières libellées en dollars pour les pays européens. Alors que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a laissé entendre qu’une réponse politique mesurée restait envisageable, les effets de second tour n’ayant pas encore atteint un seuil critique, d’autres experts mettent en garde contre des risques imminents. (at)
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