La crise du coronavirus remet en question l’économie collaborative

Isopix

La pandémie qui fait rage malmène tous les secteurs de l’économie mondiale, et l’économie collaborative n’est clairement pas épargnée. La crise actuelle met à mal ses activités présentes, mais elle menace également son avenir en remettant en cause l’un de ses fondements: les interactions entre personnes.

Les nouveaux comportements, présents et futurs, induits par la crise du coronavirus font trembler les géants de l’économie collaborative sur leurs bases. Pas forcément tous très fringants avant la pandémie, voilà que celle-ci remet carrément en cause leur business model, voire leur raison d’être. Toute la question est de savoir s’il s’agit d’un mauvais moment à passer ou si l’on assiste à un changement durable?

Uber, Lyft, Airbnb, WeWork…

Dans le secteur auto, les géants Uber et Lyft ont vu leurs activités se détériorer, note le site Axios. Un article paru sur The Information évoque même la possibilité pour Uber de licencier 20% de ses 2.700 employés.

De son côté, Airbnb a dévoilé lundi un nouveau protocole de nettoyage et de désinfection des logements listés sur sa plateforme dans le but de rassurer ses clients. Début avril, ce pionnier de l’économie de partage avait levé un milliard de dollars afin de préparer l’après-crise.

Quant au mastodonte des espaces de bureau partagés WeWork, qui était déjà en grande difficulté avant la crise, il va désormais devoir en prime parvenir à rassurer ses utilisateurs et les convaincre de venir repeupler ses ‘open space’.

Renaissance des idéaux de base?

En clair, la pandémie a brutalement mis fin aux paris fondamentaux de ces entreprises, résume Axios. Partout dans le monde, les gens ne se déplacent plus ou peu. Et quand ils le font ou feront, ils opteront moins volontiers pour un véhicule partagé. Idem pour les espaces de bureaux en commun. Quant aux locations d’appartements ou de maisons, elles ont de fortes chances de pâtir de la baisse attendue du tourisme.

Même si la crise actuelle ne signe pas l’arrêt de mort de ces colosses aux pieds d’argile (Uber, Lyft ou WeWork n’ont pour l’heure jamais été rentables), leurs marges de manœuvre risquent d’être bien plus réduites dans le monde post-confinement.

Néanmoins, la crise du coronavirus pourrait initier une renaissance des idéaux de base de l’économie collaborative, conclut Axios. Exit la croissance à tout prix, l’enrichissement maximal des investisseurs et l’exploitation de la main d’œuvre, welcome back la collaboration entre personnes? Au moins y aurait-il ainsi du positif qui ressortirait de cette dramatique période…