Principaux renseignements
- La Corée du Nord développe des destroyers de 10 000 tonnes afin de créer les navires de guerre les plus lourdement armés au monde.
- Ce changement stratégique transforme une force de défense côtière en une marine hauturière à longue portée.
- Les objectifs de production rapide devraient permettre à Pyongyang de disposer de la cinquième plus grande flotte de destroyers d’ici 2032.
Pyongyang a signalé une escalade majeure de ses ambitions navales, Kim Jong Un ayant annoncé le développement de destroyers de 10 000 tonnes. Cette révélation a eu lieu lors des premiers essais en mer du Kang Kon, le deuxième navire de la classe Choe Hyon de 5 000 tonnes. Cette initiative suggère la confirmation d’une troisième catégorie de destroyers, qui pourrait s’appuyer sur un modèle de 8 000 tonnes précédemment mentionné en mars 2026, ou peut-être le remplacer entièrement.
L’émergence de la classe Choe Hyon a contraint les analystes militaires à réévaluer la capacité industrielle de la Corée du Nord, car ces navires représentent la première incursion du pays dans la construction de destroyers et intègrent une technologie qui rivalise avec les flottes modernes des États-Unis, de la Corée du Sud, du Japon et de la Chine.
Navires Choe Hyon
Ces avancées navales s’accompagnent de la création des premiers sous-marins à propulsion nucléaire de la Corée du Nord, bien que l’objectif spécifique de ces sous-marins — qu’il s’agisse d’attaques ou de missiles balistiques stratégiques — reste incertain. Le passage à une plate-forme de 10 000 tonnes permettrait une endurance supérieure, un meilleur contrôle des avaries et des installations plus étendues pour le commandement, les radars et la logistique.
Plus particulièrement, étant donné que les navires Choe Hyon de 5 000 tonnes embarquent un nombre sans précédent de 74 cellules de missiles, un navire deux fois plus grand pourrait potentiellement en accueillir plus de 150. Une telle configuration en ferait le destroyer le plus lourdement armé au monde.
Prêt pour les opérations à distance
Ce changement stratégique marque la transition d’une force de défense côtière reposant sur de petits bateaux et des sous-marins vers une marine « hauturière » capable d’opérations à longue portée. Les dirigeants entendent faire de la marine un élément central de la dissuasion nucléaire de l’État, ces navires plus grands étant conçus pour transporter des charges utiles importantes de missiles de croisière et balistiques à capacité nucléaire.
La capacité à produire ces navires indique que la Corée du Nord a fait des progrès significatifs dans la construction navale modulaire, les systèmes de propulsion et la gestion avancée des combats.
12 navires d’ici 2032
Le calendrier de production est tout aussi ambitieux. Le président Kim prévoit de mettre en service deux destroyers par an tout au long du prochain plan quinquennal, avec pour objectif une flotte de 12 navires d’ici le début des années 2030. Ce rythme dépasserait celui des États-Unis, qui ajoutent des navires de classe Arleigh Burke à un rythme d’environ 1,6 par an.
Contrairement à l’ancienne conception Arleigh Burke, qui se limite à des Tomahawks subsoniques et à 96 cellules de lancement, les navires nord-coréens sont de conception moderne et capables d’intégrer divers armements, y compris des missiles hypersoniques.
D’ici 2032, la Corée du Nord devrait posséder la cinquième plus grande flotte de destroyers au monde. Si l’objectif immédiat est la production de 12 navires, la trajectoire de sa construction navale suggère une tendance vers des plateformes de plus en plus grandes. Il est possible que les projets actuels de 5 000 et 10 000 tonnes se chevauchent, mais la stratégie à long terme implique probablement une évolution vers des navires de guerre de classe croiseur encore plus grands au cours de la décennie suivante.
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