Principaux renseignements
- Les groupes politiques de droite au Parlement européen ont conclu un accord élargissant le pouvoir des États membres de l’UE d’expulser les migrants sans papiers.
- Cet accord autorise la création de centres d’expulsion en dehors de l’UE, prolonge les périodes de détention et élargit la définition des risques pour la sécurité.
- Cet accord reflète un glissement général vers la droite dans la politique européenne après les élections de 2024, avec un accent mis sur des politiques migratoires plus strictes.
Une coalition de groupes politiques de droite au Parlement européen est parvenue jeudi à un accord sur la réglementation européenne relative à l’expulsion des migrants sans papiers. Cet accord fait suite à l’échec des négociations au sein de la coalition centriste.
L’accord, dont Politico a obtenu une copie, permet la création de centres d’expulsion dans des pays non membres de l’UE, prolonge la période de détention autorisée jusqu’à 24 mois et élargit la définition des personnes considérées comme représentant un risque pour la sécurité. L’accord autorise également la saisie des biens lors des expulsions et précise que les recours contre la procédure d’expulsion ne suspendent pas automatiquement celle-ci. Il accorde en même temps aux États membres de l’UE davantage de pouvoirs.
Virage à droite
Cet accord s’inscrit dans une série de mesures législatives visant à renforcer et à rationaliser les politiques migratoires de l’UE à la suite des élections européennes de 2024, qui ont vu un glissement vers la droite. Ces politiques mettent notamment l’accent sur l’augmentation des expulsions et permettent aux pays d’expulser les migrants vers des pays non membres de l’UE qui ne sont pas leur pays d’origine.
L’accord a été négocié par Charlie Weimers, législateur suédois et négociateur en chef du groupe de droite des Conservateurs et Réformistes européens. M. Weimers a déclaré que le compromis était le résultat de négociations avec le Parti populaire européen (centre-droit) et les groupes d’extrême droite Patriotes et Europe des nations souveraines. Il s’est montré optimiste quant à la stabilité de cette majorité de droite sur les questions migratoires.
Frustration des deux côtés
Au départ, Malik Azmani, député européen libéral néerlandais et négociateur en chef sur cette loi, a tenté de trouver un compromis au sein de la coalition centriste. Cependant, il a finalement interrompu les négociations et présenté une proposition à tous les groupes politiques, suscitant la frustration tant à gauche qu’à droite. Les détracteurs, dont un responsable des Verts, ont qualifié l’approche de M. Azmani de « chaotique ».
Marieke Ehlers, négociatrice en chef pour les Patriotes, a fait valoir qu’une partie importante du texte n’avait pas fait l’objet de négociations appropriées. Elle a suggéré que le compromis proposé par M. Azmani était insuffisant tant pour la droite que pour les socialistes et démocrates de centre-gauche.
Un nouveau compromis
Jeudi, François-Xavier Bellamy, négociateur du PPE, a diffusé un nouveau texte de compromis qui s’appuie sur le soutien des groupes de droite et d’extrême droite. Ce texte sera soumis au vote de la commission des libertés civiles lundi et devrait être ratifié par la plénière du Parlement à la fin du mois de mars.
Après l’approbation du Parlement, celui-ci devra négocier un accord avec les pays de l’UE. M. Weimers s’est montré optimiste quant à la conclusion rapide d’un accord avec les pays membres, invoquant la grande similitude entre le compromis et la position du Conseil.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

