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Google envisage de faire tomber des médias russes aux oubliettes de l’Internet

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04/12/2018 | Arnaud Lefebvre | 3 min de lecture

Eric Schmidt, le directeur d’Alphabet,a annoncé que Google et d’autres entreprises du secteur destechnologies devaient agir contre les agences de presse étatiquesafin d’empêcher la propagation de fausses informations.  

Schmidt, directeur général de lasociété mère de Google, Alphabet, a déclaré que le moteur derecherche s’apprêtait à prendre des mesures contre les agences depresse russes gérées par l’Etat, notamment Russia Today et Sputnik,organes accusés de propagande par les agences de renseignementaméricaines.

« Nous travaillons à la détection dece type de scénario et au déclassement de ce type de sites », aexpliqué Schmidt. « Il s’agit principalement de RT et de Sputnik.Nous en sommes bien conscients et nous tentons de concevoir dessystèmes pour prévenir cela. »

Critiques

Google a été l’objet de critiquespour avoir fait la promotion des deux sites d’informations en lesincluant dans son service Google Actualités, liste organisée desites d’informations légitimes, ainsi que dans d’autres servicesalgorithmiques qui sélectionnent et promeuvent l’actualité.

Schmidt a qualifié de naïvel’approche antérieure de l’industrie de la technologie en matièrede désinformation. “

« Il y a dix ans, je pensais que toutle monde serait capable de se servir d’Internet car Internet, commenous le savions tous, est plein de mensonges tout comme de vérités.Mais en fonction des données, à partir de ce que nous avons vu enRussie en 2016 et avec d’autres acteurs du monde entier, nous nous devons d’agir. »

Selon Schmidt, la stratégie dedésinformation russe est facile à combattre car elle repose sur uneamplification répétitive, exploitante, fausse ou susceptibled’avoir été transformée en arme d’un message d’information. “Amon avis, ces tendances peuvent être détectées, supprimées oudépriorisées », a-t-il déclaré.

Toutefois, Schmidt a expliqué qu’iln’irait pas jusqu’à interdire les deux sites d’informations. « Nousne voulons pas interdire ces sites. Ce n’est pasainsi que nous fonctionnons. Je ne suis pas du tout en faveur de lacensure. Par contre, je suis favorable au déclassement et c’est ceque nous faisons.

Russia Today

La rédactrice enchef de Russia Today, Margarita Simonyan, a publié une déclarationdans laquelle elle explique que le système de contrôle interne deGoogle avait montré que Russia Today n’avait enfreint aucune règle.

« M. Schmidtdevrait utiliser Google. Ses collègues ont admis il y a troissemaines que Russia Today ne violait aucune règle de leurplate-forme. »

En début desemaine, une enquête du quotidien britannique The Guardian a montré l’ampleur dela pénétration russe dans les médias britanniques. A au moins 80reprises, des sites d’actualités tels que The Telegraph, Metro etBuzzfeed ont cité des tweets rédigés par une arméenotoire de trolls basée à Saint-Pétersbourg.


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