Google clame la suprématie quantique… pas si vite répond IBM

En développant son ordinateur quantique Sycamore, Google revendique la suprématie quantique. Un peu trop vite au goût d’IBM, qui la conteste illico.

En développant son ordinateur quantique Sycamore, Google revendique la suprématie quantique. Un peu trop vite au goût d’IBM, qui la conteste illico. 

Un ordinateur quantique, vous savez précisément ce que c’est? Non? Nous non plus, on vous épargnera donc les détails passionnants de cette technologie complexe. Son histoire, pourtant, est digne d’une sitcom américaine.

Un ordinateur qui surpasse tous les autres

Tout commence lorsque des documents de la Nasa et de Google “fuitent” sur le web, revendiquant avoir atteint la “suprématie quantique”. Ils sont ensuite publiés officiellement (et fièrement) par Google. Le web s’emballe, même s’il ne comprend pas la physique quantique.

Pour faire simple, nos ordinateurs classiques fonctionnent selon un système binaire: ils traitent les opérations “1” et “0” chacune à la fois. L’ordinateur quantique – nommé Sycamore – de Google, lui, est capable de traiter ces deux types d’opérations en même temps, grâce à ses 54 qubits. Il peut ainsi résoudre en moins de trois minutes et demi un problème qui prendrait environ 10.000 ans à un supercalculateur (du style des ordinateurs de la NASA). Un véritable exploit. Du coup, tous les ordinateurs qui en résulteront surpasseront les ordinateurs classiques, comme un nouveau modèle. D’où la suprématie quantique. 

Une simple question de vitesse

Alors Google, comment te dire. Pas que nous voulions briser tes rêves et tes espoirs, mais on dirait que IBM en a bien envie, lui. Car selon le concurrent de Google, ils auraient largement sous-estimé les capacités des “superordinateurs” dans leur rapport. IBM aurait ainsi trouvé une formule qui permettrait à un ordinateur classique (enfin, pas celui de Monsieur et Madame tout-le-monde non plus) de réaliser les mêmes calculs que l’ordinateur quantique de Google en maximum 2 jours et demi à peine, et non 10.000 ans.

Tout cela grâce au superordinateur Summit qu’a développé IBM, sans doute le plus puissant au monde. Et qui pourrait donc faire flancher la théorie de Google comme un château de carte. Car la suprématie quantique ne peut être atteinte que si un ordinateur quantique est capable de réaliser des calculs qu’aucun ordinateur classique ne pourrait résoudre. En théorie, l’ordinateur de Google ne serait donc pas révolutionnaire, mais simplement beaucoup plus rapide.

Enfin tout cela reste encore à démontrer dans cette guéguerre pour la suprématie. Et il faudra, au bout du compte, qu’ils prouvent aussi leur utilité.