L’énorme popularité de TikTok menace la sécurité nationale des démocraties occidentales, a averti Scott Galloway, professeur de marketing de renommée mondiale, lors du UBA Trends Day à Bruxelles. Car l’application est moins innocente qu’on ne le pense.
Dans l’actu : Scott Galloway (NYU Stern School of Business) est connu pour ses analyses pointues sur le secteur de la technologie. Jeudi après-midi, il s’est adressé à 1.400 professionnels du monde du marketing belge, via un lien vidéo, lors de la grande messe annuelle de l’Union des annonceurs belges UBA au Palais 12, une salle d’événements et de concerts bruxelloise. Il y a notamment abordé l’énorme popularité de TikTok.
Propagande
- « Lorsque nous parlons de TikTok, il ne s’agit pas de vie privée ou de données », souligne Galloway. « Ils collectent encore moins de données que Meta ou Google. Mais de quoi s’agit-il ? TikTok est l’outil de propagande par excellence. Il n’y a pas de séparation entre une entreprise chinoise et le Parti communiste chinois (PCC) ».
- « Si j’étais le PCC et que mon impératif stratégique était de réduire le statut mondial des nations européennes et des États-Unis, je serais fou de ne pas mettre le grappin sur les contenus anti-occidentaux, et de le faire de manière sournoise et cachée. »
Le danger géopolitique
- « Aux États-Unis, les moins de 30 ans passent plus de temps sur TikTok que sur toutes les autres plateformes réunies. En pratique, aux États-Unis, il y a une prise neuronale branchée sur le cerveau de tous nos jeunes. Elle est influencée ou contrôlée par le PCC », s’alarme le spécialiste.
- « TikTok est peut-être la seule entreprise de la Big Tech qui indique des chiffres de portée plus bas qu’ils ne le sont en réalité. Car si nous les connaissions vraiment, nous pourrions commencer à avoir très peur. »
- « C’est une menace pour la défense. À mon avis, TikTok devrait être interdit ou vendu à des investisseurs occidentaux. C’est une question de défense et de sécurité nationale », plaide Galloway.
La différence avec Meta et Google
- « Meta et Google, en revanche, s’intéressent davantage à la protection de la vie privée. Ils ne veulent pas nuire aux États-Unis. Ils ne sont pas immoraux, mais amoraux. Ils ne se préoccupent que de l’argent. Mais ils ne sont pas diaboliques. À mon avis, le PCC et TikTok le sont, en raison de cet intérêt stratégique à réduire notre statut dans le monde », compare-t-il.
- « Dans le débat sur la régulation des Big Tech, nous devons donc distinguer avec soin de quoi nous parlons exactement. S’agit-il de la technologie américaine, de la technologie chinoise ou de la santé de nos enfants ? Cela nécessite une approche différente à chaque fois. »
(CP)