Des scientifiques veulent empêcher les vaches de roter… Et c’est vital pour l’humanité

On entend souvent dire que les flatulences des vaches contribuent au changement climatique, mais c’est inexact. En effet, ce sont les rots des ruminants qui en sont responsables. Une douzaine de scientifiques néo-zélandais, qui travaillent pour une instance gouvernementale appelée AgResearch Grasslands, tentent donc de remédier à ce problème. Ils souhaitent développer un vaccin pour empêcher les vaches d’éructer. Depuis la période industrielle, le bétail a été responsable d’environ un quart du réchauffement climatique de la Terre. Or, à la faveur de l’accroissement démographique, la population de bétail est appelée à augmenter. Le problème risque donc de s’aggraver.L’équipe de chercheurs, dirigée par Peter Janssen, étudie des moyens pour débarrasser les vaches des microbes méthanogènes, c’est-à-dire ceux qui convertissent l’hydrogène présent dans l’estomac des vaches en méthane. En effet, ce dernier est un gaz à effet de serre, et c’est lui qui est à l’origine des éructations.Mais ce n’est pas si simple : pour digérer l’herbe, les ruminants ont besoin d’un microbiote (un ensemble de germes et de champignons) complexe, et les scientifiques doivent donc trouver une formule qui ne le perturbera pas excessivement.

De l’origan, du chloroforme ou du thé

Ils ont déjà mené plusieurs expériences, au cours desquelles ils leur ont administré de l’origan, des extraits de thé, des probiotiques, des antibiotiques, des algues, de l’huile de coco, du chloroforme,… et même de l’orge issu du brassage de la bière. Ils sont effectivement parvenus à produire un vaccin contenant des anticorps qui devaient théoriquement empêcher les vaches d’éructer. Mais les essais se sont révélés infructueux.

Un enjeu crucial pour la Nouvelle Zélande

Le développement d’un vaccin coûte environ 1,4 millions de dollars par an. Un tiers de cette somme est financé par le gouvernement néo-zélandais, le reste provient de l’industrie agroalimentaire. La Nouvelle-Zélande, reconnue comme le plus grand émetteur de méthane par tête en raison de son important cheptel, a mis en place un fonds de 7,5 millions de dollars pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole.Les chercheurs pensent qu’il leur faudra 5 ans pour développer un vaccin. Mais ils soulignent que son usage sera universel, puisqu’il pourra également être administré aux vaches en stabulation.Cependant, toute la question est de savoir si la réduction de ces émissions de méthane ne sera pas préjudiciable à la santé des vaches. De même, la vaccination ne devra pas réduire leur rendement laitier.

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