En l’état, le gouvernement wallon ‘s’oppose totalement’ à l’accord UE-MERCOSUR

EFE / Joedson Alves

Dans les prochains mois, les pays de l’UE vont devoir se positionner sur l’accord de libre-échange avec les pays du MERCOSUR. Cet accord devra être formellement signé et ratifié. Mais pour l’heure, on se dirige vers un nouveau blocage wallon, comme ce fut le cas pour le CETA.

Octobre 2016. Paul Magnette(PS) se révèle aux yeux de l’Europe. En cause, la résistance d’une petite région d’Europe à l’accord du CETA. La Wallonie, tel le petit village gaulois d’Astérix, n’entend pas se laisser faire.

Elio Di Rupo (PS), ministre-président de Wallonie. Isopix

Est-on en passe de revivre le même scénario avec le traité de libre-échange entre l’UE et les pays du MERCOSUR (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay) ?

Changement d’hommes et de décors. Cette fois, le MR fait partie de la coalition wallonne avec Ecolo et le PS. Et ce n’est pas Paul Magnette, occupé à l’échelon fédéral, mais le tout aussi déterminé Elio Di Rupo (PS) qui entend mener le combat.

En l’état, par communiqué, le ministre-président wallon ‘s’oppose totalement à cet accord’. Trois points en particulier chiffonnent le nouveau gouvernement:

  • Le respect des ‘engagements du président Bolsonero’ pour mettre en oeuvre l’accord de Paris sur le climat et mettre fin à la déforestation illégale.
  • La question de l’importation de viande bovine, de sucre et d’éthanol dans l’UE ‘reste particulièrement sensible’. L’importation de viandes bovines ‘peut représenter une menace pour le secteur wallon’.
  • Le respect des droits syndicaux et des droits de l’homme se pose dans les pays du MERCOSUR. Là encore, particulièrement au Brésil.

Futur bras de fer entre Régions ?

Deuxième question: va-t-on assister à un nouveau bras de fer entre les Régions dans ce dossier ? ‘Le Gouvernement ne donnera pas les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour négocier cet accord. Nous sommes pour le commerce international, mais nous voulons que les critères environnementaux, sociaux et sanitaires, valables pour la Belgique et les pays de l’UE, s’appliquent également aux pays du Mercosur’, a fait savoir le numéro 1 wallon.

Du côté d’Ecolo, on est encore plus fermes. Sur la nature même de ce type d’accord: ‘Les traités de libre-échange sont un non sens écologique, économique et sociétal. Nous nous opposons depuis longtemps à ce genre d’accords commerciaux néfastes tant pour nos producteurs et agriculteurs, que pour les consommateurs et notre Terre.’

On sait le ministre wallon de l’Agriculture, Denis Ducarme (MR), particulièrement proche des agriculteurs. Mais du côté des libéraux, on est plutôt discrets sur le MERCOSUR, aucune communication officielle depuis ce lundi matin. Le ministre est pourtant en visite à Berlin au salon de l’Agriculture pour justement ‘prendre position en faveur de règles internationales qui protègent davantage notre modèle d’agriculture familiale’.

À l’époque, le MR s’était montré particulièrement critique envers Paul Magnette sur son rejet du CETA. Un peu à l’image de la Flandre qui ne comprenait pas le rejet d’un gigantesque accord économique. Deux visions de l’économie qui pourraient encore se percuter dans les prochains mois.