Avec Abdel Fattah al-Sissi, l’Égypte est redevenue une dictature intégrale

En Égypte, la population – ou, tout au moins 44 % des personnes ayant le droit de voter – s’est exprimée lors d’un référendum sur les modifications à apporter à la Constitution. Cette nouvelle Constitution donne plus de pouvoir au président et à l’armée. Par exemple, le président Abdel Fattah Al-Sissi – qui gouverne déjà de facto en tant que dictateur – est désormais autorisé à nommer des juges, tandis que les militaires joueront un rôle plus important en politique. Al-Sissi peut aussi rester plus longtemps : au moins jusqu’en 2030.

L’ancien commandant en chef Abdel Fatah al-Sissi (64 ans) est arrivé au pouvoir en 2013 après un coup d’État. En 2014, il a remporté les élections présidentielles et l’année dernière, il a été réélu avec 97 % des voix. En outre, il convient de noter que depuis qu’Al-Sissi est au pouvoir, il existe en Égypte un climat propice à la poursuite des opposants politiques, des journalistes critiques et des défenseurs des droits de l’homme. Selon le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, il s’agit d’un « climat d’intimidation ».

L’état d’urgence persistant dans le pays signifiait que même avant ce référendum, la police et les forces de sécurité disposaient de beaucoup d’autorité. Les juges imposent des peines sévères à ceux qui critiquent le régime. Ces dernières années, des centaines d’opposants ou de journalistes ont soudainement « disparu ».

Lors des élections de l’année dernière, remportées par Al-Sissi à 97 %, le président n’avait qu’un seul rival : Moussa Mustafa Moussa. Et cet homme lui-même est un fervent partisan d’Al-Sissi. Il n’est donc plus question d’opposition en Égypte. Des candidats sérieux ont été arrêtés, poursuivis ou ont abandonné sous la pression il y a des années.

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Pire qu’avant

Mardi dernier, le parlement égyptien a voté à une large majorité en faveur des amendements constitutionnels. Un jour plus tard, il a été annoncé que le plan serait présenté aux citoyens dans quelques jours au cours d’un référendum de trois jours.

Ces changements prolongent le second mandat actuel d’Al-Sissi jusqu’en 2024. Ils lui donnent également la possibilité de briguer un troisième mandat. Cette possibilité était proscrite dans la constitution actuelle.

Abdel Fattah Al-Sissi : autocrate de facto

La nouvelle constitution donne également plus de pouvoir au président et à l’armée. Par exemple, Abdel Fattah Al-Sissi est maintenant autorisé à nommer des juges, tandis que les militaires joueront un rôle plus important en politique. De cette manière, les tribunaux militaires auront plus de pouvoir pour condamner les civils. Les partisans disent que des changements sont nécessaires, entre autres, pour mettre en œuvre les réformes économiques. Les critiques craignent que l’Égypte ne glisse davantage dans une dictature.

Selon Amnesty International et Human Rights Watch, les droits de l’homme sont bien pires en Égypte qu’en 2010, lorsque le dictateur Moubarak était encore au pouvoir.

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