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La Belgique retrouve les niveaux de dynastie politique du XIXe siècle

La Belgique retrouve les niveaux de dynastie politique du XIXe siècle
Herman et Alexander De Croo. (Kurt Desplenter/Belga Mag/AFP via Getty Images)

Une étude intéressante réalisée par l’ULB et le Crisp. Quelle est la tendance des dynasties politiques du XIXe siècle à nos jours ?

  • Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) est un « fils de… », son prédécesseur Charles Michel (MR)aussi. Tandis que son frère Mathieu Michel (MR) a même obtenu une place au sein du gouvernement fédéral sans explication autre que le fait qu’il porte un nom de famille politique célèbre.
  • Une étude sur les familles politiques, publiée dans Le Soir, met en lumière une tendance observable rue de la Loi. Dans quelle mesure des enfants de politiciens siègent dans au parlement et quelles sont les évolutions à cet égard ? L’ULB et le Crisp présentent leurs conclusions.
  • Le résultat est plus que décourageant. La tendance, déjà dominante au XIXe siècle en Belgique, lorsque le suffrage censitaire remplissait la Chambre et où la noblesse terrienne était encore très influente, s’est avérée être totalement de retour depuis les années 2000.
  • Les chercheurs ont examiné les liens familiaux de tous les membres du Parlement belge, de 1831 à 2019 (la période actuelle de gouvernement n’est pas incluse). Au cours des vingt dernières années, il y a eu une énorme augmentation du nombre de dynasties politiques ou de politiciens héréditaires.
  • En 1863, le pourcentage de députés issus d’une dynastie a atteint un pic : 17% de tous les élus. C’est resté élevé jusqu’en 1888, puis ça aa diminué régulièrement jusqu’aux années 1930, pour atteindre environ 3%/
  • Mais à partir des années 1970, ce taux a de nouveau augmenté. Il a atteint un pic énorme depuis les élections de 2003, revenant près des 15 %. C’est plus ou moins resté à ce niveau depuis lors : la vague « violette » après le premier gouvernement Verhofstadt a introduit de nombreux « enfants de » à la Chambre. Et ils y sont restés depuis.
  • Pour le Sénat, c’était historiquement encore plus extrême au XIXe siècle : jusqu’à 25% de dynasties politiques. Là aussi, le pourcentage a fortement augmenté dans les années 2000. On peut toutefois se poser la question de sa pertinence actuelle. Le Sénat n’a plus d’influence politique et n’est pas élu directement.
  • Selon les chercheurs, l’importance d’un nom de famille reconnaissable, surtout depuis l’introduction des circonscriptions électorales provinciales, est particulièrement marquante. C’est pourquoi, en 2003, une telle augmentation des dynasties politiques a été observée.
  • Par ailleurs, selon les chercheurs, l’ancien FDF, aujourd’hui DéFI, est le parti le plus dominé par des noms de famille connus. Pas moins de 42% de leurs parlementaires sont issus d’une telle lignée. Cependant, une autre question se pose ici : étant donné qu’il s’agit d’un petit parti, ces chiffres sont-ils vraiment représentatifs ?
  • D’ailleurs, le père De Croo (Herman, Open Vld) s’est fait entendre ce week-end. Dans De Standaard, il a déclaré, lors de la réception libérale du Nouvel An dans sa ville natale de Brakel, ceci : « Est-ce qu’Alexander restera Premier ministre ? Je n’aurais jamais pensé qu’il le deviendrait. En tout cas, il n’a pas besoin de se prostituer. Il peut aller où il veut. »

(OD)

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