Deus ex machina dans la crise économique argentine: le pape intervient comme médiateur

Le pape François a rencontré le président argentin Alberto Fernandez la semaine dernière. Hier, le chef de l’Eglise a organisé une rencontre au Vatican entre le ministre argentin de l’économie et la directrice générale du FMI. (Photo de Grzegorz Galazka/ portefeuille du Monténégro/Sipa USA)

On dirait bien que le pape François n’a pas apprécié la crise de la dette de son pays, l’Argentine, et a donc décidé d’intervenir. Il a organisé au Vatican une rencontre entre le créancier et le débiteur, respectivement la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et le ministre argentin de l’économie.

Martin Guzman, récemment nommé ministre de l’économie, a rencontré la cheffe du FMI, Kristalina Georgieva, pendant près de trois heures mardi pour discuter de l’urgence économique dans son pays.

La rencontre a été organisée par le Pape en marge d’un événement à l’Académie pontificale des sciences sociales. Guzman a ainsi rencontré son créancier pour la première fois depuis qu’il a pris en charge une économie en proie à la récession, un taux d’inflation de plus de 50 % et un prêt record au FMI.

Le plus grand plan de sauvetage de l’histoire

C’est que l’Argentine doit 40 milliards d’euros au FMI. En 2018, le précédent président argentin a négocié le plus grand plan de sauvetage de l’histoire du FMI.

Cependant, le programme du FMI, basé sur une épargne substantielle et les taux d’intérêt les plus élevés au monde, n’a pas réussi à sortir l’économie argentine de la récession. Le peso continue de s’effondrer et les Argentins ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Le président Macri a donc été puni l’automne dernier par des électeurs argentins en colère, faisant d’Albert Fernandez, beaucoup moins favorable au marché, le nouveau chef d’État.

Son ministre Guzman qualifie le prêt du FMI ‘d’énorme erreur’ du gouvernement précédent. Josef Stiglitz, prix Nobel d’économie et mentor de Guzman, a alors joué le rôle de modérateur des ‘pourparlers du Vatican’. Il a déjà averti que les créanciers de l’Argentine doivent se préparer à une ‘réduction substantielle’, un euphémisme pour un rééchelonnement de la dette dont une partie doit être annulée.

Actuellement, l’Argentine est incapable de payer ses dettes. Guzman a pourtant l’objectif ambitieux de restructurer entièrement les remboursements prévus d’ici la fin mars.

Mauvais payeur

Ce ne sera pas une mince affaire pour un pays qui a déjà reçu 21 prêts d’urgence du FMI et qui a fait défaut à deux reprises depuis le début du siècle. Cela a d’ailleurs gravement entaché les relations avec les créanciers internationaux.

Guzman parle pourtant d’une ‘réunion très constructive’, de son côté. Selon le ministre de l’économie, des mesures ont été discutées pour résoudre la crise de la dette argentine de manière viable. Cependant, rien de concret n’a encore été décidé. ‘Nous allons poursuivre nos discussions avec le FMI dans un climat de compréhension mutuelle », a-t-il déclaré.

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