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Un puits sans fond(s) : la dette des entités fédérées a augmenté 3 fois plus vite que la dette fédérale

Un puits sans fond(s) : la dette des entités fédérées a augmenté 3 fois plus vite que la dette fédérale
Photo by JOHN THYS/Belga/AFP via Getty Images

Un rapport de l’Institut des comptes nationaux montre que la dette des entités fédérées dévisse à un rythme très soutenu, rapporte L’Echo.

Dans l’actu : le rapport de l’ICN.

Dettes :

  • Depuis 2018, la dette des entités fédérées a augmenté de 60% contre 22% pour le fédéral.
  • Par entité, c’est Bruxelles qui décroche la timbale : 120%. Suivent la Flandre (76%), la Wallonie (55%) et la Fédération Wallonie-Bruxelles (55%).
  • Au total, fin 2022, la dette des entités fédérées s’élevait à 93 milliards d’euros. 34 milliards pour la Wallonie, 32 milliards pour la Flandre et 10 milliards pour Bruxelles.
  • Il faut donc ajouter la dette de 474 milliards d’euros du fédéral et la dette de 27 milliards des pouvoirs locaux.

Déficits :

  • En termes de déficit, c’est la Flandre qui dominait les échanges en 2020, année de la pandémie, avec 5,4 milliards d’euros, pour 1,8 milliard pour la Wallonie. En 2021, les inondations, notamment, ont inversé la tendance, avec 3,3 milliards d’euros pour la Wallonie et 3,2 milliards pour la Flandre.

Zoom avant : la dette flamande est beaucoup plus soutenable.

  • Comparer des dettes, c’est bien. Les mettre en relation avec les recettes, c’est mieux. Or les choses ne sont pas brillantes pour Bruxelles et la Wallonie :
    • À Bruxelles, les recettes étaient de 5 milliards en 2022. Le ratio dette/recettes était donc évalué à 200 %. Une étude de l’UNamur estimait l’année dernière que la dette de Bruxelles, à trajectoire inchangée, s’envolerait même à 16,4 milliards en 2024. Soit un ratio dette/recettes de 300%. L’Agence de la dette était un peu plus positive et évaluait le ratio entre 150 et 200% à cette échéance.
    • En Wallonie, le ratio tournait en 2022 à 257%. La commission externe de la dette et des finances publiques (CEDFP) a estimé, qu’à politique inchangée, la dette tutoierait la barre des 40 milliards d’euros en 2024, soit un ratio dette/recettes de 240%. Pour 2030, la dette s’approcherait des 50 milliards d’euros et d’un ratio de 280%.
    • En Flandre, le ratio était de 58% en 2022. Selon l’estimation de la SERV, la dette flamande augmenterait moins vite en raison de la réduction des déficits et atteindrait 44 milliards d’euros en 2024. Et le budget reviendrait à l’équilibre dès 2028, selon une récente estimation du Bureau fédéral du Plan.

Reste que pour le fédéral et les entités fédérées confondus, la situation est loin d’être idéale. Ça devient même un sérieux problème quand les taux d’intérêt augmentent comme aujourd’hui. La charge sur la dette devient de plus en plus pesante, à mesure des coups de boutoir de la BCE.

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