Des mots pas des actes: l’adage du monde bancaire sur la question du climat

« L’annonce de ma mort a été grandement exagérée ». Il s’agit d’une citation célèbre de Mark Twain et nulle part ailleurs elle n’est plus d’actualité que dans l’industrie pétrolière et gazière. Alors que les gens paient leur essence et leur chauffage au prix fort, les exportateurs traditionnels de gaz et de pétrole fêtent le Nouvel An tous les jours.

L’annonce par la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock que Nord Stream 2 ne sera pas mis en service pour le moment a provoqué une hausse des prix du gaz en Europe de près de dix pour cent lundi.

De leur côté, les banques continuent de servir les compagnies pétrolières, les entreprises de fracturation et les centrales électriques au charbon. Cependant, ils conseillent de plus en plus les petites gens de miser sur des investissements durables.

Les banques continuent servir pleinement les industries du pétrole, du charbon et du gaz

JPMorgan Chase & Co est le principal émetteur d’obligations pour les sociétés pétrolières, gazières et charbonnières. Ces dernières semaines, la banque a souscrit pour environ 2,5 milliards de dollars d’obligations. Cela concerne des entreprises telles que Gazprom et le producteur de pétrole américain Continental Resources. En octobre, cependant, JP Morgan Chase a rejoint, avec beaucoup de fanfares, une alliance mondiale qui indique vouloir atteindre l’émission nette zéro dans le secteur financier. Vous parlez de deux poids, deux mesures.

 (Photo : Vuk Valcic / SOPA Images/Sipa USA/Isopix)

Il y a ensuite la banque américaine Wells Fargo, qui, selon Bloomberg, accorde le plus de prêts par rapport à toutes les banques aux entreprises de combustibles fossiles. La banque devrait même doubler ses prêts au secteur cette année par rapport à l’année dernière.

Au total, les syndicats bancaires dirigés par Wall Street ont émis cette année pour près de 250 milliards de dollars d’obligations de sociétés de combustibles fossiles. Ce montant est resté inchangé depuis 2016. Des mots et non des actes, tel semble être l’adage du monde bancaire en matière de changement climatique.

Il y a aussi les fonds de pension californiens. Ces derniers figurent également parmi les plus gros investisseurs dans l’industrie des combustibles fossiles. Au total, 42,8 milliards de dollars des portefeuilles des deux plus grands fonds se trouvent dans le secteur des entreprises qui détruisent le climat. Pas mal pour un État qui aime se vanter d’être un pionnier de la neutralité climatique.

Enfin, l’agence de notation Moody’s estime que les banques, les assureurs et les gestionnaires d’actifs des 20 plus grandes économies mondiales ont encore quelque 22 000 milliards de dollars investis dans des industries à forte intensité de carbone.

Les banques ne sont peut-être pas à l’origine du problème, mais elles sont le lubrifiant d’un système qui réduit les promesses des politiciens à une farce.

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