Nouveau chapitre dans le conflit sans fin entre Israël et les Palestiniens ; nouvelles craintes que le conflit s’étende dans la région.
Quels seraient les protagonistes d’un embrasement du conflit israélo-palestinien ?

Pourquoi est-ce important ?
On a parlé de 11 septembre israélien pour décrire le raid du Hamas des 7 et 8 octobre derniers. C'est la pire attaque qu'ait subi l'état hébreu depuis la guerre du Kippour de 1973 - il y a tout pile 50 ans, ça n'est sans doute pas une coïncidence. À ceci près que celle-ci était une affaire entre armées, et pas un massacre de civils. Maintenant, on craint que les voisins d'Israël ne se mêlent à ce nouveau conflit. Ce qui pourrait le faire dégénérer en une nouvelle poudrière pour tout le Moyen-Orient.Dans l’actualité : Israël a mis en place un plan d’évacuation des personnes résidant dans un rayon de 2 km autour du Liban, a annoncé Tsahal ce lundi. Une décision qui fait suite à des échanges de tirs avec le Hezbollah, une autre milice alliée de l’Iran. Ce dernier a menacé ce matin Israël d’une « attaque préventive ». De quoi nourrir la crainte d’un conflit qui ferait tache d’huile.
Un risque d’embrasement au Moyen-Orient
- Le Liban est sans doute le pays où le risque d’extension du conflit est le plus prégnant. Le pays du Levant a subi une longue guerre civile de 1975 à 1990, durant laquelle le sud du pays a été occupé par Israël. C’est en réaction qu’a été créée la milice djihadiste chiite Hezbollah, toujours hostile à l’État hébreu. La seconde invasion de 2006 n’a guère arrangé les choses, tout en mettant fin à la période de prospérité retrouvée du Liban.
- Le pays peut donc servir de base arrière pour le Hamas, tandis que ses alliés sur place vont certainement continuer à harceler Israël depuis la frontière. Au risque de provoquer une réaction israélienne démesurée, voire une intervention ? Ça n’est pas impossible. Même si Tsahal ne s’engage pas sur deux fronts, la frontière nord risque de devenir instable.
La réponse de Téhéran
- L’Iran est le grand parrain du Hamas comme du Hezbollah. On ne sait toujours pas à quel point la république islamique était au courant que quelque chose se tramait.
- Ce qui est certain, c’est que selon le Département d’État américain, l’Iran donne jusqu’à 100 millions de dollars annuellement au Hamas et à d’autres organisations similaires.
- De là à imaginer des représailles israéliennes, il n’y a qu’un pas. Ça ne serait pas la première fois que Tel-Aviv mène des raids aériens contre les installations stratégiques (nucléaires, entre autres) de Téhéran.
- La Syrie est toujours plongée dans une guerre civile larvée. Mais si le régime de Bachar-al Assad tient toujours, c’est entre autres grâce au soutien sur le terrain du Hezbollah et de l’Iran.
- Ancienne ennemie d’Israël au nom du panarabisme (plus ou moins laïque), la Syrie se trouve donc dans le même camp que ses ennemis actuels, islamiques, d’obédience chiite.
- De là à intervenir alors que le dictateur syrien tente de se refaire une crédibilité internationale, c’est une autre paire de manches.
Du côté de l’OTAN
Israël n’est pas membre de l’OTAN, mais reste un proche allié des USA. Ceux-ci soutiennent l’État hébreu dans cette nouvelle guerre et lui ont déjà envoyé des munitions. Mais de nombreux pays de l’Alliance s’inquiètent à la fois de leurs citoyens sur place et de l’évolution de leur opinion publique. En particulier si la situation à Gaza vire à la crise humanitaire.
- Le Pentagone a annoncé le 14 octobre qu’un deuxième porte-avions à propulsion nucléaire, l’USS Dwight D. Eisenhower, serait déployé avec tout son groupe naval en Méditerranée orientale. Il aura pour mission de « dissuader les actions hostiles contre Israël ou tout effort visant à élargir cette guerre suite à l’attaque du Hamas » selon le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin.
- La Turquie se retrouve dans une situation difficile. Actrice incontournable de l’OTAN dans la région, elle maintient des relations cordiales avec Israël et soutient des groupuscules hostiles au régime syrien (et aux indépendantistes kurdes).
- Mais en tant que pays musulman solidaire avec les Palestiniens, Ankara se retrouve un peu coincée. Le président turc Erdoğan, a déclaré au Premier ministre britannique Sunak que les pays occidentaux devraient s’abstenir de « mesures provocatrices » dans ce conflit.
Et la Russie ?
Jusqu’ici, Israël est resté neutre dans le conflit russo-ukrainien. Le pays compte d’ailleurs une part non négligeable de sa population originaire de part et d’autre de l’ancienne URSS. Pourtant, Poutine n’a pas vraiment fait preuve de solidarité avec Tel-Aviv.
- Le président russe, Vladimir Poutine, doit s’entretenir ce lundi séparément avec les dirigeants d’Israël, d’Iran, de Syrie, d’Égypte et avec le président de l’Autorité palestinienne.
- Poutine n’a toujours pas fait de déclaration officielle suite à l’attaque du 7 octobre, rappelle The Guardian. Il a par contre lancé un appel conjoint avec Bachar al-Assad pour appeler « à la fin des bombardements sur Gaza et au déplacement forcé de ses habitants. » Drôle de mouvement de la part du résident du Kremlin, qui semble étonnamment peu empathique envers Israël. Pour s’aligner sur ses peu fréquentables alliés ?