Comment l’argent des Big Tech finance indirectement des dizaines de tonnes de CO2

Bon nombre d’entreprises technologiques se disent engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique. Un combat pour lequel elles ont promis de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et d’être attentives à l’impact de leurs partenaires sur le climat. Pourtant, ces entreprises continuent de financer les combustibles fossiles, mais de manière indirecte, alors qu’elles pourraient l’éviter.

Un rapport accable les entreprises technologiques. Ce dernier révèle en effet que les Big Tech telles qu’Apple, Google et Meta financent indirectement les entreprises de combustibles fossiles, et ce, même si elles se sont engagées à réduire la pollution au sein de leurs propres installations, opérations et chaine d’approvisionnement. Pour la plupart, leurs efforts sont bien réels, alors où se trouve le coupable? Il faut chercher du côté du portefeuille.

L’argent et les investissements que font les entreprises technologiques auprès d’institutions financières sont en effet problématiques puisque ces dernières canalisent leurs actifs vers des industries fortement polluantes, comme le souligne The Verge.

Or, les émissions générées par ces activités financières seraient plus importantes que celles des opérations de chaque entreprise, selon le rapport.

Une pollution insoupçonnée

Cette pollution ne date pas d’hier ; elle est pourtant occultée par les entreprises qui mettent en avant leurs efforts pour réduire leur impact climatique. Un manque de transparence qui est tout simplement lié au fait que ce facteur n’est pas pris en compte dans les évaluations des émissions de CO2 des entreprises.

Si cela devait être le cas, les émissions associées aux liquidités de Google, Meta, Microsoft et Salesforce, augmenteraient alors de 91 à 112%.

La faute aux banques ?

La faute ne pourrait être attribuée que partiellement aux Big Tech, car elles ne financent pas sciemment les entreprises de combustibles fossiles, ou tout du moins pas directement. Ce sont en réalité les banques qui décident d’utiliser les fonds de leurs clients à cette fin. Lorsqu’elles reçoivent des liquidités, les banques les font fructifier à travers différents investissements, notamment dans des projets énergétiques, mais aussi dans des prêts pour d’autres entreprises. Depuis 2015, les 60 plus grandes banques commerciales et d’investissement du monde auraient ainsi investi 4,6 billions de dollars dans l’industrie des combustibles fossiles, indique le rapport.

Mais toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Celles qui gagnent le plus, ou plutôt qui disposent de plus de liquidités, sont celles dont l’argent a le plus gros impact environnemental.

Ainsi, avec ses quelque 191 milliards de dollars en espèces et en investissements, Apple aurait indirectement généré près de 15 millions de tonnes métriques d’émission de gaz à effet de serre, alors que l’entreprise ne cesse de rappeler son engagement climatique. En deuxième position, on trouve Microsoft qui, avec ses 130 milliards de dollars de liquidités, aurait indirectement financé 13,2 millions de tonnes de CO2. Le top 3 se clôture avec Alphabet, maison mère de Google, dont les 136 milliards de dollars en espèces et en investissements auraient généré 11,4 millions de tonnes métriques d’émissions à effet de serre.

Mais les Big Tech sont-elles pour autant totalement innocentes ?

« La puissance de ce rapport », réalisé par le Climate Safe Lending Network international, le groupe de réflexion The Outdoor Policy Outfit et la BankFWD, fondée par la famille Rockefeller, « est que ses données nous disent que le levier que nous utilisons le moins s’avère être l’outil le plus puissant dont nous disposons – où et comment nous choisissons de faire des opérations bancaires », a déclaré Valerie Rockefeller, coprésidente de BankFWD, dans un communiqué de presse. « Le choix de la banque est une frontière largement inexploitée pour le leadership climatique avec un énorme potentiel d’impact. »

Les Big Tech ne sont donc pas totalement innocentes, car elles pourraient placer leur argent dans des banques qui ne financent pas ce genre d’activité.

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