Principaux renseignements
- Le Clean Industrial Deal est fortement influencé par les lobbies des entreprises de l’industrie lourde, ce qui risque d’affaiblir les ambitions climatiques.
- Seule une petite partie des réunions de lobbying concernait des organisations sociales ; la plupart servaient les intérêts des entreprises.
- Les stratégies nationales, notamment celles de la France et de l’Allemagne, jouent un rôle important dans l’élaboration de la politique industrielle et climatique européenne.
Ces dernières années, la politique climatique européenne était le symbole d’une ambition mondiale. Avec le Clean Industrial Deal, l’Union européenne souhaitait accélérer la transition écologique de l’industrie lourde. Elle souhaitait également renforcer sa compétitivité face à la domination croissante de la Chine et des États-Unis. Mais selon une étude menée par Corporate Europe Observatory (CEO) entre le 26 février 2025 et le 3 février 2026, au lieu d’accélérer la décarbonisation, ce serait l’inverse qui se produirait. Les intérêts des grandes entreprises polluantes auraient une forte influence sur ce projet politique. Plus de 750 réunions de lobbying ont eu lieu en un an, ce qui soulève de nombreuses questions quant à l’indépendance de la politique climatique européenne.
Emprise croissante de l’industrie lourde
Le Clean Industrial Deal a été présenté comme une solution pour réduire les émissions de l’industrie lourde. Pourtant, l’enquête menée par l’organisme de surveillance CEO révèle que l’initiative a été reprise par des lobbyistes des secteurs minier, énergétique, sidérurgique et automobile.
EUROFER, représentant de l’industrie sidérurgique dans l’Union européenne, aurait ajouté des dizaines de réunions avec des fonctionnaires européens à l’ordre du jour. L’entreprise énergétique Électricité de France (EDF) a également joué un rôle important dans ce processus.
Selon les chercheurs, les conséquences sont déjà perceptibles. Elle avait déjà assoupli les exigences en matière d’émissions de CO2 pour les camionnettes et les voitures particulières. De plus, l’interdiction des moteurs à combustion a été reportée. Elle a également assoupli les exigences environnementales et simplifié la taxe européenne sur le CO2. Les détracteurs parlent d’un accord industriel qui utilise les fonds publics pour soutenir les entreprises polluantes plutôt que d’un accord industriel propre.
Un pouvoir déséquilibré
Une étude montre que dans seize départements de la Commission européenne, il y a eu en moyenne plus de trois réunions de lobbying par jour. Seulement 8 pour cent d’entre elles ont été menées avec des représentants de la société civile, tandis que 90 pour cent concernaient les intérêts des entreprises.
Le rôle du commissaire Stéphane Séjourné, responsable des marchés industriels, est particulièrement frappant. Il a tenu 131 réunions de lobbying en un an. Wopke Hoekstra, le commissaire chargé du climat, a également rencontré des lobbyistes lors de 60 réunions. En revanche, Teresa Ribera, commissaire chargée de la transition propre et compétitive, n’a eu que vingt réunions.
Selon le PDG, ces chiffres ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble, car les employés subalternes de l’UE ne sont pas toujours tenus de rendre leurs réunions publiques.
Intérêts nationaux
L’influence des entreprises polluantes va au-delà des discussions individuelles avec les lobbyistes. Selon le PDG, le Clean Industrial Deal reflète des stratégies nationales plus larges, notamment de la part de la France. La France soutient l’industrie lourde et la déréglementation sous le prétexte de la comp Intérêts nationaux étitivité. Cette orientation façonnerait de plus en plus la politique industrielle européenne.
Le lobbying actif d’EDF témoigne de la forte influence française. D’autres États membres de l’UE mettent l’accent sur d’autres aspects. La France souhaite ainsi créer une dette commune de l’UE afin de promouvoir les investissements industriels, tandis que l’Allemagne mise fortement sur la réduction de la bureaucratie. L’Allemagne souhaite également apporter des modifications au système d’échange de quotas d’émission.
Selon certains analystes, l’absence relative des pays d’Europe centrale et orientale dans ce débat est frappante. Cela pourrait avoir des conséquences sur les futures discussions concernant le budget pluriannuel 2028-2034, ainsi que sur la révision des règles européennes en matière de marchés publics.
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