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La Chine continue d’acheter massivement du pétrole russe : une bonne nouvelle pour l’Europe ?

La Chine continue d’acheter massivement du pétrole russe : une bonne nouvelle pour l’Europe ?
(Zhang Haiyan/VCG via Getty Images)

Presqu’un record : les importations de brut russe en Chine ont frôlé leur plus haut niveau de tous les temps. Pékin continue d’acheter du pétrole russe, à l’heure où le pays sort de son long confinement et veut redémarrer son économie. Paradoxalement, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle pour l’Europe.

Dans l’actu : un décompte mensuel des exportations de pétrole russe.

  • Sur le mois de janvier, la Chine a importé 1,52 million de barils par jour de pétrole brut russe, selon les données de Kpler, relayées par Bloomberg. C’est le chiffre le plus élevé depuis l’invasion de l’Ukraine, il y a un an. C’est un petit peu moins que lors de la relance au printemps 2020, en Chine.
  • Mais si on inclut les carburants, les importations de pétrole augmentent à 1,66 million de barils par jour. Soit plus qu’en 2020.

Les raffineurs publics s’y mettent aussi

Le détail : un tournant.

  • Le gros des importations sont effectuées par des raffineurs privés, note Kpler. Mais les entreprises d’État commencent à « montrer plus d’intérêt ». C’est un tournant : avant, elles gardaient leurs distances par rapport au brut russe, en raison des sanctions occidentales et de potentiels impacts secondaires.

La reprise chinoise

L’essentiel : de quoi atténuer le « réveil de la Chine » pour l’Europe ?

  • La Russie doit vendre son pétrole à bas prix pour continuer à trouver des acheteurs, on le sait. L’Inde et la Chine se montrent intéressées.
  • Voilà une bonne nouvelle pour l’Europe. La Chine ressort d’un long sommeil et sa demande en pétrole devrait fortement augmenter. Ce scénario fait d’ailleurs craindre une envolée des prix de l’or noir cette année.
  • L’Europe a imposé un embargo sur la quasi-totalité des importations de pétrole russe. Il est en vigueur depuis décembre. Le Vieux continent doit s’approvisionner ailleurs pour remplacer ces importations.
  • Ainsi, si la Chine et l’Inde continuent d’acheter du pétrole russe, cela permet de ne pas trop perturber le marché.

Pour l’Europe, c’est une double bonne nouvelle : d’un côté, les sanctions européennes obligent la Russie à refourguer son pétrole à la Chine et à l’Inde, à un prix nettement moins intéressant, ce qui plombe le trésor de guerre de Poutine. De l’autre, le transfert du pétrole de la Russie vers les deux géants limite le problème d’offre qui ferait grimper les prix. Reste à voir si le marché pourra trouver un nouveau point d’équilibre de cette manière, alors que le Baril de Brent s’échange à 83 dollars, et le baril de l’Oural est lui à 55 dollars.

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