« Cher ami Facebook, le métavers n’a rien à avoir avec ta version corporate d’un nauséabond jeu en réalité virtuelle »

Dans sa « lettre à Zuckerberg », le stratégiste en chef de l’énorme plateforme britannique d’échange crypto AAX, Ben Caselin, critique frontalement le géant Facebook rebaptisé Meta. Il bat en brèche le projet d’univers virtuel alternatif dont « personne ne veut comme point de départ ».

« Le métavers n’est pas ce que tu crois ». Par ces mots qui chapeautent sa tribune sur Cointelegraph, Ben Caselin attaque à son tour le chantier pharaonique de Meta. Sans détour, l’auteur replace le mastodonte des réseaux sociaux dans un contexte récemment plus compliqué, épinglant l’évolution paradoxale pour son modèle d’affaires « axé sur la polarisation et l’indignation »: cela a ironiquement fédéré bon nombre d’internautes contre la dépendance à Facebook & Cie.

Ben Caselin estime que les régulateurs américains, ceux-là même qui ont transformé en cauchemar le rêve crypto de Mark Zuckerberg, prêtent désormais une oreille plus attentive aux dénonciateurs qui exposent la manière dont Meta « capte et vend l’attention ».

« Meta a choisi de fuir »

Le géant californien serait acculé, poursuit le tribun, et plutôt que de choisir de combattre les « profonds problèmes » de son modèle commercial, aurait opté pour la fuite en essayant de brouiller ses traces en changeant de nom.

« Tu as simplement emprunté un terme cyberpunk inventé dans un roman dystopique de 1992 qui parle de fuir un monde en décomposition et de s’accrocher à une réalité alternative illusoire, seulement pour ignorer les défauts du monde réel », lance Ben Caselin, concédant que ce n’est probablement pas le concept que Meta avait en tête au moment du rebranding mais que « c’est la version la plus précise de ce que vous promettez de construire ».

« Propriété des utilisateurs »

Dans sa missive aux accents de plaidoirie à charge, le critique invoque alors la définition du métavers donnée dernièrement par l’imposant gestionnaire de cryptoactifs Grayscale, à savoir « un ensemble de mondes virtuels 3D expérientiels interconnectés où des personnes situées n’importe où peuvent socialiser en temps réel pour former une économie d’Internet appartenant à l’utilisateur et couvrant les mondes numérique et physique. »

Un principe fondamental ressort de cette description, dixit Ben Caselin, « peut-être le plus aligné avec ce que nous construisons dans l’univers crypto : (un Internet) propriété des utilisateurs ».

Au travers de projets blockchain et crypto tels que The Sandbox, Decentraland, Axie Infinity, My Neighbour Alice, Star Atlas ou encore Revy Racing, le métavers existe déjà mais surtout s’appuie sur des contenus, comme des NFT intégrés aux jeux, qui en fin de compte appartiennent aux utilisateurs.

/!\ Cheval de 3.0

Ben Caselin s’inquiète ouvertement de voir le futur de l’économie d’Internet façonné par une multinationale qui ferait passer les profits avant les personnes. Alors que le métavers proposé par les créateurs et entrepreneurs du web décentralisé (web3) cherche à offrir un accès égal à chacun. Sans oublier que ces actifs digitaux sont échangeables et, dans certains cas, transposables d’un monde virtuel à un autre.

« Cette vision du métavers n’a pas grand-chose à voir avec ta version corporatisée d’une partie de ping-pong dans une réalité virtuelle nauséabonde avec un ami d’enfance habitant dans un autre fuseau horaire, en portant un casque VR désorientant qui scanne tout ce qui se trouve dans ta pièce, uniquement pour te proposer des recommandations d’achat quelques minutes plus tard », lance à Meta l’analyste en chef d’AAX.

À ne pas monopoliser

Foi de partisan des DAO (organisations autonomes décentralisées), Ben Caselin insiste enfin sur le fait que si les grandes entreprises peuvent évidemment participer à la construction du métavers, en produisant leurs propres actifs numériques par exemple, elles ne doivent surtout pas en déposséder les utilisateurs.

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