L’Australie se frotte les mains : ses revenus liés au charbon et au GNL vont atteindre des records

L’Australie est un important producteur de charbon et estime que ses revenus vont continuer à augmenter, tout comme sa production. Les pays européens ont notamment besoin de charbon, pour remplacer le gaz russe. Ces derniers ont d’ailleurs pour projet de refaire fonctionner de vieilles centrales.

Avec le boycott des produits énergétiques russes, l’Australie peut se frotter les mains. Le pays est un important producteur de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL), et selon des estimations du gouvernement, citées par Reuters, les revenus de ces exportations devraient battre des records sur l’année à venir (jusque juin 2023).

Le GNL est le deuxième produit le plus exporté, devant le charbon et derrière les minerais de fer. Pour le GNL, le pays s’attend même à une réduction de la production à hauteur de 3%, mais ses revenus devraient augmenter de 19%, jusqu’à 80 milliards d’euros. Pour le charbon, utilisé pour la production d’énergie, une légère hausse de la production est prévue, et une augmentation des revenus à hauteur de 15%, jusqu’à 42 milliards d’euros. Les revenus du charbon utilisé pour la métallurgie devraient eux augmenter de 3%, jusqu’à 57 milliards d’euros.

« Les prix des produits énergétiques devraient rester élevés plus longtemps que prévu, car les pays occidentaux cherchent des alternatives aux approvisionnements énergétiques russes », indique le ministère de l’Industrie dans le rapport. « Avec des stocks d’énergie dans l’hémisphère nord bien inférieurs à la normale, toute perturbation de l’approvisionnement entraînera une nouvelle flambée des prix ».

La seconde vie du charbon en Europe

L’Europe est en effet à la recherche d’alternatives aux produits énergétiques russes. Le GNL est notamment une des pistes privilégiées pour remplacer le gaz russe. Il peut paraître étonnant que la production australienne de GNL soit en baisse. Mais les pays européens se portent sur un GLN moins cher, notamment au niveau du transport, issu des États-Unis ou du Qatar.

Dans cette course pour remplacer la gaz russe, le charbon revient aussi sur le devant de la scène. Par peur de manquer d’électricité, de nombreux pays augmentent l’activité dans leurs centrales à charbon, qui étaient pourtant, avant la guerre, vouées à fermer. L’Agence internationale de l’énergie suggère même de repousser ces fermetures. L’Allemagne, qui a fermé de multiples centrales nucléaires ces dernières années, compte parmi ces pays. Les Pays-Bas et l’Autriche augmentent aussi leur production. La France a même rouvert une centrale à charbon fermée il y a pas moins de trois mois.

Le charbon est très polluant. Le brûler pour produire de l’électricité émet énormément de CO2. Les pays européens se défendent en disant que le recours au charbon est provisoire, le temps de développer encore davantage le renouvelable et pour palier à la crise ukrainienne. En Australie, pays qui émet le plus de CO2 au monde, par habitant, notamment à cause de ses centrales à charbon, le nouveau gouvernement s’est également engagé à changer le cours de choses. Mais et à court et à moyen terme, le charbon a encore de beaux jours devant lui…

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