Ces start-up qui transforment le sperme en dollars

Isopix

Pour ces jeunes pousses, la baisse de la fertilité n’est pas un problème, c’est une opportunité.

‘Mick Jagger est probablement notre pire ennemi’, s’amuse Khaled Kteily, CEO de Legacy ‘Il a eu tellement d’enfants alors qu’il était âgé !’.

Pour Legacy, la baisse de la fertilité est la base de son business. L’entreprise propose en effet aux hommes de tester leur sperme et de le congeler afin de le conserver.

Et elles se font de plus en plus nombreuses, ces start-up qui s’attaquent au marché du sperme. YoSperm et ExSeed, par exemple, transforment les smartphones en outils d’analyse à domicile. Plus besoin de se rendre dans un centre, ni de s’isoler dans les petites cabines.

Sandstone Diagnostics, elle, encourage les hommes à améliorer la qualité de leurs spermatozoïdes grâce à une meilleure hygiène de vie.

Baisse de moitié en 40 ans

Le fait n’est pas anodin. La fertilité ne cesse de décroître. Un tiers des troubles viendraient de l’homme et un autre tiers est attribué à la femme. Le dernier tiers reste inexpliqué. En 40 ans, la fertilité masculine a baissé de moitié, rapporte le Financial Times. De quoi donner des idées aux entrepreneurs.

‘J’ai entendu des centaines d’histoires de familles qui éprouvaient des difficultés à concevoir’, raconte Kiyan Rajabi, 28 ans, fondateur de ReverCare, dans le Financial Times. ‘Je ne sais pas si j’utiliserai un jour les produits que je propose. Mais j’ai au moins la tranquillité d’esprit de savoir que j’ai un back-up’ prolonge-t-il.

Tom Smith, lui, constate que l’acte de donner son sperme n’est pas très convaincant. ‘Une petite pièce, une petite tasse et un peu de temps devant soi. Ce n’est pas très incitant pour essayer de se masturber’, confie-t-il. Il a décidé de fonder Dadi, une start-up qui propose des tests de sperme à domicile, pour rendre l’expérience moins désagréable. Dadi s’occupe également du stockage. En 2019, l’entreprise a levé 7 millions de dollars.

‘Old fashioned way’

Interviewé par le journal américain, le Dr Honig tempère toutefois l’engouement des entrepreneurs. ‘Je suis un peu étonné de ces entreprises qui disent: ‘Conservez votre sperme, vous aurez des problèmes plus tard’. S’il y a certes des troubles de la fertilité, cela ne concerne pas toute la population.’

Il ne condamne toutefois pas ces start-up car elles apportent une expérience plus agréable aux personnes qui en ont véritablement besoin.

Reste, pour ce médecin, un dernier conseil: d’abord essayer la ‘old fashioned way’.