La méthode Mahdi: comment un CD&V « affirmé » et « centralisé » devrait à nouveau concurrencer la N-VA

La rue de la Loi se prépare à une nouvelle ère : une présidence du cd&v sous la direction de Sammy Mahdi. Cela promet une approche très différente: son prédécesseur, Joachim Coens, pouvait s’entendre avec à peu près n’importe quel président de parti sur le plan humain. Il est certain qu’avec la N-VA, la tension risque de monter d’un cran et très vite : Mahdi veut faire bouger les choses dans l’équipe de Jan Jambon (N-VA) et « mettre en évidence la différence [entre les deux partis] au sein du gouvernement flamand ». Le sort de Wouter Beke (cd&v) ne tient qu’à un fil. La Vivaldi sera, elle, probablement beaucoup moins gênée par le cd&v nouveau cru. En attendant, la recherche d’un successeur pour l’Asile et la Migration sera la plus grande source de tension pour le moment. Tout le monde attend Nathalie Muylle (cd&v), ancienne ministre fédérale de l’Emploi, dans le gouvernement provisoire de 2019 à 2020.

Dans l’actualité : Tous les espoirs sur Mahdi, au cd&v.

Les détails : Après la démission surprise de Joachim Coens vendredi, tous les dirigeants se sont ralliés au secrétaire d’État

  • « Je ne prétendrai pas qu’il était le meilleur politicien, ni qu’il devait rester plus longtemps. Il n’est pas parfait, et il ne l’est pas non plus à la maison. Le fait que les sets de table ont été remplacés depuis deux ans maintenant, et que l’imprimante ne fonctionne que lorsqu’on l’allume, sont des choses qu’il doit encore découvrir. Ses pensées vont parfois trop vite. Être dur n’est pas son meilleur côté, mais c’est un politicien franc. »
  • C’est le fils de Joachim Coens, Felix, qui a lui-même posté un texte émouvant sur Twitter ce week-end dernier, défendant son père, « l’homme qu’il admire tant ». Le fait qu’il ait simultanément exposé les faiblesses de Coens a rendu son texte plus fort : « Il a fait du mieux qu’il pouvait. C’est un politicien à l’ancienne », écrit-il. « Cela ne suffit plus. Nous vivons dans un monde où la substance et la conviction authentique sont subordonnées à la superficialité du spectacle communicatif et à la pensée à court terme en fonction du gain individuel. »
  • C’est ainsi que le rideau tombe sur la présidence de Coens. Il était clair depuis longtemps que le président de cd&v n’était pas le plus à l’aise, rue de la Loi : il ne pouvait tout simplement pas s’adapter à la vitesse et au rythme de la politique nationale. L’absence d’une direction forte au sein du parti a joué un rôle : la rotation du personnel est restée chaotique, et après le départ de son prédécesseur Wouter Beke, il n’y a jamais eu de structure au 89 rue de la Loi.
  • Mais un autre aspect a été impitoyablement exprimé par Felix sur le parti : « Comme s’il était normal pour un parti en déclin depuis des années d’avoir des personnes aux plus hauts postes pendant plus de 10 ans. Tant que les gouvernements restent sur leurs îlots, que les groupes politiques ne coopèrent pas, que les cabinets ministériels s’affrontent à tout bout de champ et que les députés ne sont pas d’accord, 25 autres présidents sont autorisés à passer. Nous ne gagnerons pas les élections ».
  • Dès son arrivée dans la politique fédérale en tant que président du parti, Coens s’est heurté à une profonde discorde au sommet, et surtout à l’ombre de quelques poids lourds : Hilde Crevits, qui a jeté son ombre sur le parti depuis le gouvernement flamand, et Koen Geens, qui a dominé le niveau fédéral et a poussé vers une coalition bourguignonne (avec la N-VA). Alors que Coens, et son adversaire à l’élection présidentielle à l’époque, Mahdi, voulaient en fait la Vivaldi.
  • C’est ce qu’il a fini par obtenir, mais même le casting du gouvernement fédéral, qui porte sa patte et qui a été accueilli avec des applaudissements à l’extérieur, n’a pas permis de briser une culture interne de profonde méfiance et de rivalité. Au contraire.
  • En outre, la figure de Wouter Beke, ministre flamand du Bien-être, a conduit, et continue de conduire, à un conflit qui s’envenime au sein du parti : les dommages causés au CD&V sont énormes, mais l’attitude hésitante de Coens, qui d’une part a déclaré en coulisses que Beke devait partir, mais qui d’autre part n’est pas allé jusqu’au bout, n’a fait qu’empirer les choses. Aujourd’hui encore, plusieurs députés flamands sont prêts à dégainer leurs couteaux : ils veulent toujours que Beke parte.

Et maintenant : Mahdi est confronté à une tâche énorme.

  • « Le sauveur », c’est que signifierait Mehdi en arabe, comme aiment le rappeler à peu près tous les portraits qui paraissent aujourd’hui dans les journaux. Il s’agit d’une traduction très libre ; on pourrait plutôt traduire son nom par « le bien guidé », ce qui ne correspond pas au modèle des démocrates-chrétiens d’aujourd’hui, mais qui a au moins l’air assez spirituel.
  • Pour eux, les attentes sont grandes : soudain, l’espoir renaît dans les rangs. L’exemple d’un autre jeune président donne le ton : Conner Rousseau (Vooruit) a réussi à ramener les socialistes flamands en quelques années au 3e rang.
  • Au CD&V, on rêve d’un scénario similaire : une annonce de Mahdi, sur Twitter, avec les mots « I’ll be back » et une photo de lui en Terminator, rappelle en tout cas le style de communication de Rousseau. A l’époque, le socialiste avait parlé de « he’s back, bitches« , pour annoncer le retour de Frank Vandenbroucke (Vooruit) au premier plan.
  • Il était clair depuis longtemps que Mahdi était prêt : dès le vendredi matin, la rumeur courait rue de la Loi qu’il viendrait avec une annonce le lendemain matin. Mais cela ne pouvait se produire que si Coens se retirait de son propre chef : un coup de poignard fatal que Sammy Mahdi ne voulait pas administrer lui-même. Un sondage et une réaction colérique de Coens, qui a constaté qu’il n’avait pas été informé par d’autres membres du parti, ont fait le reste.
  • Durant le week-end et ce lundi matin, le top du CD&V, composé des six ministres qui ont tous soutenu Mahdi, a envoyé un message similaire :
    • « Nous défendons nos positions, mais nous ne racontons pas cela dans un contexte plus large », a déclaré Annelies Verlinden (CD&V) au Zevende Dag. « Sammy Mahdi ferait un bon président, c’est un bon communicant ».
    • « Nous devons mieux mettre en évidence notre différence au sein des gouvernements. Parce que ce qui est décidé dans avec du bon sens, ne nous colle pas assez à la peau », a déclaré Hilde Crevits (CD&V) ce matin sur Radio 1.
  • Ainsi, selon cette analyse, il s’agit principalement d’un problème de communication, plutôt que d’une réelle menace structurelle pour le parti. Mahdi a lui-même invoqué ce problème existentiel pour lancer sa candidature samedi matin : « J’ai pris mes responsabilités après les nombreux messages que j’ai reçus. À l’heure où deux blocs se forment, et où mon idéologie, la plus belle, risque de disparaître, je ne veux pas que cela arrive », a-t-il déclaré.
  • Dans les derniers sondages de la VRT et du Standaard, De Stemming, on divise assez facilement la Flandre en deux: un « bloc de droite » composé de la N-VA et du Vlaams Belang, et un « bloc de gauche » composé de Vooruit, du PVDA, de Groen et, étrangement, de l’Open Vld (sur la base de leurs électeurs actuels, les électeurs les plus à droite ayant mis les voiles), entre lesquels le CD&V serait un peu coincé. Cette analyse aurait besoin d’un peu plus de données, ou d’une véritable élection, pour être étayée. Mais dans le même temps, l’image d’un ancien CVP, omnipotent en Flandre et en Belgique, qui semble être menacé d’extinction, n’a cessé de résonner.
  • Les chrétiens-démocrates eux-mêmes appellent au « centre courageux » et au « centre affirmé ». Emmanuel Macron, également après sa réélection, semblait être un exemple brillant à cet égard : offrir une réponse ferme à l’extrême gauche et à l’extrême droite. Toutefois, il convient de noter que Macron, certainement lors de sa première candidature, s’est présenté avant tout comme un réformateur et un innovateur, ce que le CD&V peut difficilement revendiquer.
  • Ces dernières années, ils n’ont cessé de se mettre en avant sur des questions qui semblent revêtir une importance particulière pour leur propre chapelle : Arco a été une débâcle complète à cet égard, mais il y a aussi le récent dossier de l’azote. Face à un groupe d’agriculteurs minuscule sur le plan électoral, et surtout face à un acteur financier gigantesque, le Boerenbond, il y a une masse de gens qui sont très préoccupés par l’excès d’azote en Flandre. Mais le cd&v a choisi apparemment comme priorité le groupe toujours des agriculteurs industriels qui pèsent pourtant de moins en moins sur le plan électoral.

Et ensuite ? Mahdi sera un président très différent, notamment dans son style et son approche.

  • En déclarant immédiatement une crise existentielle pour le parti, Mahdi peut obtenir un mandat pour attirer beaucoup de pouvoir autour de lui. La vieille discussion, à laquelle Coens s’est également heurté et qu’il n’a pas pu gagner, refait surface : est-ce que ce sont les ministres qui décident, ou le 89 rue de la Loi ? La direction du parti est-elle écrite dans l’avenue du Roi Albert II (où siègent les ministres flamands), ou dans le bureau du président ?
  • Lorsque Mahdi parle des « baronneries fonctionnant les unes à côté des autres », dans La Libre ce matin, il ne peut s’empêcher de parler de ces cabinets ministériels. D’ailleurs, le modèle de ce nouveau parti, beaucoup plus centralisé et dirigé de manière plus stricte, se trouve également dans son livre : la communication des groupes politiques, des ministres, doit être contrôlée depuis le siège.
  • Cela fait immédiatement de cd&v un parti beaucoup plus centralisé, à l’encontre de la tradition de la « maison à plusieurs pièces ». Et bien plus encore, même s’ils n’aiment pas l’entendre au cd&v, à l’image de ceux qui sont aujourd’hui en bonne place dans les sondages : le Vlaams Belang, Vooruit et la N-VA sont tous dirigés de manière beaucoup plus stricte, depuis le sommet. La ligne est tracée au siège.
  • En même temps, cela signifie que Mahdi va prendre les rênes et que le cd&v va « changer » un peu les choses sur le terrain. Le jeune loup semble avoir des ambitions, certainement en ce qui concerne le rôle que le cd&v doit jouer dans l’équipe de Jan Jambon (N-VA) : « De temps en temps, nous devons souligner la différence avec les autres partis gouvernementaux flamands. Pour nous profiler davantage au niveau flamand, sans nous chamailler constamment », dit-il.
  • Que le cd&v se soit « accroché » à la N-VA est un reproche que l’on entend depuis longtemps, contre Crevits et certainement contre Wouter Beke. La peau de ce dernier a d’ailleurs été, selon les critiques internes, principalement sauvée par Jambon & co, qui l’ont soutenu fermement dans les moments de crise.
  • Ce n’est pas un hasard si Mahdi pense d’abord au gouvernement flamand pour resserrer les choses. Quiconque a lu ‘Hol naar Vol‘, le livre qui lui sert de guide, a déjà remarqué à quel point Mahdi était ou est idéologiquement proche de la N-VA : éthiquement et culturellement, à droite et conservateur, et socio-économiquement, au centre, avec une touche de progressisme de gauche. Sur le fond, le positionnement de Mahdi ne diffère pas tellement de celui de la N-VA, mais le nouveau président a souligné lui-même la différence sur ce dernier point, qualifiant la N-VA de « néo-libérale ».
  • Et ce n’est pas un hasard si De Wever a également qualifié le livre de Mahdi « d’intéressant » : depuis des années, la N-VA cultive elle aussi un flanc économique beaucoup moins « dur », et cherche des liens, entre autres avec les socialistes, où Conner Rousseau adopte une position similaire. La concurrence entre le cd&v et la N-VA ne fera donc que s’intensifier dans les mois à venir.
  • Mahdi veut redéfinir la relation avec la N-VA, dans la concurrence plutôt que dans une sorte de relation amicale mais étouffante. Certainement au niveau de la politique flamande. Sur le plan personnel, lui et De Wever se sont aussi violemment opposés sur la gestion de la crise des réfugiés ukrainiens : le jeune membre de cd&v a eu le mérite de ne pas s’effacer devant le bourgmestre d’Anvers.
  • « Ils ont un point de vue différent sur la façon de gérer la crise ukrainienne, mais cela ne veut pas dire qu’ils auront une relation totalement conflictuelle. Mais Sammy affirme clairement ce qu’il représente au sein de cd&v. C’est peut-être nouveau », c’est ce que l’on entend avec assurance dans l’entourage de Mahdi, sur la N-VA.
  • Parmi les autres présidents, il y a déjà une certaine nostalgie de Coens : les relations amicales, les négociations parfois menées avec amateurisme avec les autres chefs de parti, ont fait de l’homme du CD&V une figure « populaire » dans les autres sièges. Aujourd’hui, c’est un tout autre modèle qui prend place, avec un jeune homme qui a le couteau entre les dents pour sortir son parti du marasme.

Également à suivre : nouvelle discorde de premier ordre du côté de la Vivaldi, à propos des jeux d’argent en ligne cette fois.

  • Communication forte, ce matin, du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld). Car il est venu annoncer qu’il va fortement restreindre la publicité de l’industrie des jeux d’argent. Désormais, toute une série de publicités seront interdites, par analogie avec ce qui s’est passé pour le tabac.
  • Toute publicité pour des jeux d’argent à la radio, à la télévision, dans les cinémas, mais aussi en ligne sur des sites web ou des canaux numériques, et sur les réseaux sociaux sera interdite. Également dans les imprimés et sur les affiches, et même dans les mailings sponsorisés ou par SMS : absolument tout est dans le viseur du ministre.
  • Et plus concrètement encore : même le sponsoring d’équipes sportives sur des maillots est une chose que Van Quickenborne voudrait voir aboli. Il tient toutefois compte des contrats en cours : aucune interdiction complète avant 2025, soit dans trois ans.
  • Van Quickenborne soulève également la question de la dépendance aux jeux d’argent, qui devient une épidémie. « L’industrie des jeux d’argent fait de plus en plus de bénéfices dans notre pays et cela sur le dos des personnes souffrant d’une dépendance au jeu. Les publicités pour les jeux d’argent nous assaillent quotidiennement de toutes parts et encouragent ces dépendances, même chez les jeunes. Plus de 100 000 personnes sont susceptibles d’avoir une dépendance aux jeux d’argent et un tiers d’entre elles ont une dépendance grave. Seules les personnes qui veulent jouer et recherchent activement des informations sur les jeux d’argent seront confrontées à l’avenir à des publicités sur les jeux d’argent. »
  • Avec cette décision, Van Quickenborne met immédiatement la famille libérale, et le MR, au pas. Parce que l’interdiction, qui est une longue liste d’interdictions spécifiques, est une initiative qu’il signe par arrêté royal, et qui ne doit donc pas passer en Conseil des ministres (où le MR doit donner son accord).
  • L’Open Vld rappelle également que l’arrêté royal a été approuvé par pas moins de six ministres concernés : outre la Justice, on retrouve Frank Vandenbroucke (Vooruit) pour la Santé publique, Pierre-Yves Dermagne (PS) pour le Travail, et trois membres du cd&v, Vincent Van Peteghem (cd&v) pour les Finances, Annelies Verlinden (cd&v) pour l’Intérieur et Sammy Mahdi (cd&v) comme Secrétaire d’Etat à la Loterie nationale.

Une querelle politique en chaîne : l’Open Vld tire sur le cd&v, qui est en colère, et pointe du doigt le MR, qui réagit furieusement, et s’en prend à Vooruit.

  • Immédiatement, Van Quickenborne a ressenti le besoin de tirer sur le cd&v, en donnant l’impression que les chrétiens-démocrates ont freiné la cause par le passé. « Pour la Loterie nationale, il faut se tourner vers le secrétaire d’État pour qu’il prenne des mesures à cet égard : mais si nous demandons au secteur de faire un effort, le gouvernement devrait en faire autant, lui avons-nous suggéré. Maintenant, c’est à lui de jouer », a déclaré Van Quickenborne.
  • Ce positionnement de l’Open Vld est étonnant. Pendant des années, les libéraux flamands ont été considérés comme les ultimes gardiens du secteur des jeux d’argent. L’adhésion de Willy Michiels, le « roi du bingo en Flandre », est en grande partie responsable de cette situation. En tant que bourgmestre Open Vld de Haaltert, mais surtout en tant que propriétaire de Napoleon Games, entre autres, il était l’un des principaux sponsors du parti.
  • Mais l’idée que le cd&v sous Koen Geens, le précédent ministre de la Justice, aurait arrêté une telle mesure, a été soufflée dans les couloirs libéraux ce matin. Il a vivement réagi dans un tweet : « J’ai toujours été en faveur d’une interdiction de la publicité, la vision progressiste n’a jamais été présente au MR. Mais le MR n’est pas obligé de signer l’arrêté royal de Van Quickenborne », a souligné M. Geens pour expliquer comment l’Open Vld prend le MR à partie.
  • Georges-Louis Bouchez (MR) n’a pas été en reste ce matin. Parce que l’arrêt du sponsoring des maillots de foot, notamment, va faire un trou énorme dans les budgets des clubs professionnels belges. Presque tous les clubs de la Jupiler Pro League sont parrainés par des sociétés de jeu, et la plupart des sponsors sur les maillots sont également des agences de paris. Les sommes en jeu sont de l’ordre de 40 millions d’euros pour l’ensemble du secteur du football professionnel.
  • Le patron des clubs professionnels de la Pro League a vivement réagi ce matin : « Cette proposition menace de conduire davantage de personnes vers des sites de jeux illégaux, sans régulation. Cette proposition, qui a été faite sans consultation, réduit de plus de 12 % les revenus des sponsors à un moment où nos clubs enregistrent plus de 100 millions de pertes. Nous demandons donc une consultation urgente », a déclaré Lorin Parys, ancien membre de la N-VA, reconverti dans le foot belge pour plaider sa cause.
  • Tout le monde sait que le lobby du football a l’oreille du MR : « Interdire cela, c’est la mort du football professionnel en Belgique. Le football doit-il vraiment disparaître ? », voilà comment Bouchez a réagi ce matin. « La proposition du ministre de la Justice est une très mauvaise réponse à un enjeu réel pour lequel il existe déjà des mesures qui peuvent être améliorées. Le MR veut plus de nuance », dit Bouchez.
  • Mais les partenaires de la coalition ont immédiatement réagi: « Une position peu surprenante de la part du porte-parole du lobby du football. D’ailleurs, ce n’est pas le secteur des jeux d’argent mais le contribuable qui est le plus grand sponsor du football de haut niveau avec plus de 100 millions de subventions salariales. Un robinet à subventions que les libéraux MR veulent laisser grand ouvert, contre tout accord », a flingé ce matin Joris Vandenbroucke (Vooruit), en référence à la réforme fiscale qui veut mettre fin à l’avantage fiscal des clubs sportifs.
  • La question est maintenant de savoir si le MR se contentera d’aboyer fort ou s’il va intensifier sa lutte et la porter au centre de l’attention. Ce n’est que de cette manière, en transformant la querelle en crise gouvernementale, qu’ils peuvent encore bloquer les choses. Parce que l’arrêté royal « a été signé et est parti », de l’avis du cabinet de Van Quickenborne.

Une réflexion : n’est-il pas temps d’avoir un plus grand débat ?

  • Quiconque suit le débat au sein de la Vivaldi a dû constater une fois de plus que les socialistes et le MR ne s’appréceint guère, l’Open Vld se trouvant cette fois-ci ostensiblement de l’autre côté de la ligne de front.
  • Au siège du PS, on soutient l’initiative du ministre de la Justice, tout en taclant Bouchez: « Nous mettons en garde contre les confusions de casquettes. On attend d’un président de parti des prises de position politiques qui vont dans le sens de l’intérêt général. » Le Parti socialiste fait référence au club des Francs Borains, dont le président du MR et le président. Un club qui compte parmi ses sponsors Labrokes et la société de jeux de hasard Family Game Center.
  • La cheffe de groupe Vooruit, Melissa Depraetere, s’est également attaquée à la question : « Les priorités du MR sont à nouveau justes… L’impact financier sur les grands clubs de football est apparemment plus important que la prévention de la dépendance au jeu. En jetant le ministre de votre propre parti frère sous le bus dans le processus », a-t-elle répondu sur Twitter.
  • Bouchez a immédiatement répondu : « Melissa, parlez-vous aussi de Jannie Haek et du sponsoring de son équipe cycliste (Lotto-Soudal, ndlr) ? Et le parrainage de la culture, ça vous dérange aussi ? »
  • A ce propos, Bouchez a abordé un point frappant de la nouvelle législation : elle ne s’applique apparemment pas à la Loterie Nationale.
  • Cette institution, qui réalise chaque année des millions d’euros de bénéfices sur le dos de ces mêmes joueurs dépendants, est considérée comme une sorte de mécénat dans la rue de la Loi : elle a été rapidement revendiquée par le cd&v lors de la création de la Vivaldi, Sammy Mahdi peut désormais faire parler de lui en tant que « secrétaire d’État à la Loterie nationale ». Tout cela fait très ancien régime.
  • Ce n’est pas un hasard si les sièges au conseil d’administration de cette société publique de jeux d’argent sont convoités par les hommes politiques : ils peuvent ainsi faire avancer leurs propres projets et se procurer des billets pour toutes sortes d’événements, de la culture au sport, dont le Lotto est le sponsor.
  • Et ce n’est pas un hasard si l’homme fort de la Loterie nationale, Jannie Haek, était un chef de cabinet remarqué, qui a autrefois donné le ton chez Vooruit. Aujourd’hui, il a son mot à dire sur la manière dont sont dépensés les millions d’euros de gains de jeu, par exemple en donnant de l’argent aux grands clubs sportifs, ainsi qu’aux centres culturels et aux festivals tels que Rock Werchter.
  • C’est ainsi que l’on arrive à une situation où le sponsoring des maillots sera bientôt interdit, mais où un club comme Anderlecht jouera dans la « Lotto Arena ». Il est peut-être temps que les habitants de rue de la Loi aient le courage d’avoir un débat plus important sur leurs propres activités, et sur le rôle approprié du gouvernement en 2022, au lieu de se chamailler à propos de tickets VIP.
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