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La Belgique veut se lancer dans le nucléaire de quatrième génération : bientôt un réacteur SMR chez nous ?

La Belgique veut se lancer dans le nucléaire de quatrième génération : bientôt un réacteur SMR chez nous ?
Un prototype de SMR, bientôt en Belgique / De Croo aux 70 ans du SCK CEN en 2022. | Getty & Fotojet

La Belgique se lance dans une coalition industrielle visant à développer des SMR commercialisables. Et le premier prototype sera construit chez nous.

Pourquoi est-ce important ?

La Belgique n'est pas au niveau de l'Allemagne, mais notre gestion de notre parc nucléaire en période de disette énergétique n'est guère exemplaire. Pourtant, notre pays compte bien incarner un rôle actif dans le futur nucléaire de l'Union européenne. Au grand dam, probablement, des opposants à l'atome d'ici et d'ailleurs.

Dans l’actualité : le Premier ministre Alexander De Croo a profité de la visite en Belgique du Président roumain Klaus Iohannis pour annoncer la signature future d’un pacte à cinq sur le nucléaire.

  • L’accord réunirait donc la Belgique et la Roumanie via leurs centres d’études sur le nucléaire respectifs. Mais aussi des partenaires italiens, Enea et Ansaldo Nucleare, ainsi que le géant américain du secteur Westinghouse.
  • L’objectif : rien de moins que mettre au point l’avenir de la conception nucléaire. Les partenaires devront mettre leurs efforts en commun pour créer un modèle commercialisable de SMR.

Un réacteur modulable

Un SMR, c’est quoi ? Cet acronyme pour Small Modular Reactor désigne un réacteur modulable « de poche », de 300 MW maximum contre 1.000 MW pour nos vieilles centrales. Ils sont bien plus aisés à construire en usine et à assembler selon les besoins. Et ils permettent de gagner du temps et de la place, tout en étant considérés comme plus sûrs par leurs partisans. Le tout avec moins de déchets ! Mais on a du mal à dépasser le stade des prototypes.

  • Lors de l’accord sur le nucléaire, qui a prolongé pour dix ans Tihange 3 et Doel 4, le gouvernement a débloqué un budget de 100 millions d’euros pour lancer un programme de recherche d’un SMR. Une mission confiée au SCK CEN, le centre de recherche nucléaire belge.
  • Celui-ci partirait sur la piste d’un réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb, selon Le Soir.
  • Ça n’est pas une nouvelle technologie : elle équipait les sous-marins à propulsion nucléaire soviétiques dès les années 1960. Mais la miniaturisation désirée des parcs nucléaires lui offre de nouveaux débouchés dans le monde civil.
  • Et on peut noter que notre pays n’est pas le dernier à s’y mettre. Le SCK CEN a participé dès 2010 au projet MYRRHA (pour Multi-purpose hybrid research reactor for high-tech applications), le premier réacteur nucléaire de recherche au monde piloté par un accélérateur de particules. Celui-ci refroidissait déjà son réacteur par un eutectique plomb-bismuth.

Prochaine étape : la fabrication d’ »un réacteur de petite taille pour démontrer les aspects technologiques et techniques » sur le site du SCK CEN, selon un communiqué commun des partenaires. Ce prototype de réacteur modulable serait donc construit chez nous, à Mol, dans la province d’Anvers.

  • Le design de ce réacteur modulable refroidi au plomb sera fourni par les Américains de Westinghouse.
  • Un second suivra et servira de prototype industriel à Pitești, en Roumanie. Aucun échéancier n’a toutefois été communiqué, les partenaires se contentant d’évoquer « un délai de mise sur le marché aussi court que possible. »
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