Apple, Google et Tesla devant la justice pour exploitation d’enfants dans les mines de cobalt

Une mine de cobalt. ISOPIX

Plusieurs entreprises de la tech sont accusées devant un tribunal de Washington d’exploitation d’enfants dans les mines congolaises de cobalt par plusieurs familles de République démocratique du Congo.

En tout, ce sont quatorze familles congolaises qui ont lancé une action devant la justice de Washington DC à l’encontre d’Apple, Tesla, Dell, Microsoft ou encore Google. Elles reprochent à ces entreprises leur implication dans les blessures et la mort de leurs enfants qui travaillent dans les mines de cobalt, révèle le journal The Guardian, ce mardi.

Le cobalt est un minerai indispensable à la fabrication des smartphones, laptops et autres appareils technologiques. Par ailleurs, 60% de la production mondiale provient de République démocratique du Congo.

Moins de deux dollars par jour

Les familles des enfants blessés réclament des dommages et intérêts pour travail forcé, ainsi qu’une indemnisation pour enrichissement injustifié, supervision négligée et détresse psychologique intentionnelle. Les 14 familles de RDC sont défendues par le cabinet International Rights Advocates.

Au cours de mes 35 années en tant qu’avocat des droits de l’Homme, je n’ai jamais vu un tel abus d’enfants innocents à grande échelle

Terry Collingsworth, avocat chez International Rights Advocates

Le document indique que les enfants exploités dans les mines touchent un salaire de 2 dollars par jour. Le travail consiste notamment à creuser des tunnels dans le noir, avec un équipement peu adapté. Les jeunes enfants qui exploitent le cobalt ne sont pas simplement contraints de travailler à plein temps. Il s’agit de travaux d’extraction extrêmement dangereux au détriment [de] leurs études et leur avenir’, souligne le document. On retrouve également de nombreux témoignages sur les conditions déplorables de travail et les risques encourus par les ouvriers.

Une entreprise belge dans le dossier

L’entreprise belge Umicore, spécialisée dans les métaux à destination des nouvelles technologiques, apparaît également dans le dossier. Selon les documents fournis par la Cour, le cobalt extrait des mines appartenant à Glencore serait ensuite revendu à Umicore. La société basée à Bruxelles revendrait à son tour le cobalt aux géants de la tech impliqués dans le dossier.

Glencore a indiqué avoir pris connaissance des griefs et affirme ne pas recourir au travail des enfants dans ses mines congolaises.

Microsoft a pour sa part indiqué au Daily Telegraph que l’entreprise allait mener une enquête. Dell, de son côté, ne reconnait pas d’implication.

Les autres sociétés n’ont pas encore réagi.