Alors que les indices boursiers mondiaux explosent, nos jeunes sont déprimés et 20% des Français ont des pensées suicidaires

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Quiconque observe l’explosion des cours boursiers penserait que le véritable coût de la pandémie a déjà été payé. Mais une série de nouvelles études brossent un tableau complètement différent et souvent effrayant.

Les marchés boursiers mondiaux sont entrés en surchauffe en novembre. Le CAC 40 français, par exemple, était plus de 20% plus élevé. Le DAX 30 allemand a également ajouté 15%, le S&P 500 américain s’est apprécié de 10%, tandis que notre propre Bel 20 est maintenant 20% plus élevé qu’il y a un mois. L’indice a ainsi réalisé sa meilleure performance de l’histoire.

Les marchés boursiers anticipent non seulement une fin rapide de la pandémie, mais aussi une fin rapide de la crise économique. Et cela montre à nouveau à quel point les marchés boursiers sont totalement déconnectés du monde réel.

Par exemple, la banque centrale d’Espagne a publié une série de chiffres hallucinants plus tôt cette semaine. 10% des entreprises espagnoles n’ont tout simplement aucune chance de survivre à la crise du Covid, selon le Banco de España. 40% des entreprises ne pourront plus honorer leurs obligations financières. Avant la crise, c’était à peine 14%. Dans le secteur automobile, ce nombre passe à 64%, dans l’hôtellerie et la restauration même à 72%. Il n’est pas surprenant que ce soient principalement les PME qui seront les plus touchées. Elles ont l’accès le plus difficile au crédit bancaire.

Mais ici, ce sont principalement deux autres études qui sont préoccupantes. Elles indiquent que la vraie douleur de la pandémie s’est logée dans notre état mental, une douleur qui reste largement invisible pour le moment.

Explosion de la dépression chez les 15-25 ans

La Dernière Heure a rapporté mercredi que le service psychiatrique de l’hôpital Saint-Luc de Bruxelles n’avait jamais eu à traiter autant de patients qu’au mois de novembre. Surtout chez les 15-25 ans, une explosion de dépression est constatée. Une étude de la KU Leuven le confirme. Elle montre que plus d’un jeune adulte sur cinq souffre déjà de troubles psychologiques modérés à sévères suite au deuxième confinement.

Mais la recherche la plus inquiétante est sans aucun doute celle de la Fondation française Jean Jaurès. Une enquête menée après le premier lockdown montre que 20% des Français ont déjà sérieusement pensé au suicide. Ce pourcentage est encore plus élevé pour les indépendants (25%), les chefs d’entreprise et les chômeurs (27%).

Les marchés boursiers n’ont pas de conscience et les gouvernements sont également bien trop inconscients de la douleur souvent invisible causée par cette pandémie. Il semble inévitable que la période de Noël et du Nouvel An ne fera qu’aggraver cette douleur.