La Roumanie redémarre un réacteur nucléaire après plusieurs mois d’arrêt dû à une sécheresse extrême


Principaux renseignements

  • La centrale nucléaire de Cernavoda a réintégré sa première tranche dans le réseau électrique national roumain.
  • De graves sécheresses sur le Danube avaient auparavant contraint les deux réacteurs à s’arrêter.
  • La tranche n° 2 reste à l’arrêt jusqu’à ce que les niveaux d’eau se stabilisent.

La centrale nucléaire de Cernavoda a réussi à reconnecter sa première tranche au réseau électrique national roumain. Nuclearelectrica a confirmé que le processus de resynchronisation s’est déroulé dans l’après-midi du 6 novembre 2026.

Selon les documents officiels déposés auprès de la Bourse de Bucarest, le redémarrage a débuté le 4 novembre et s’est achevé dans le strict respect des protocoles de sécurité, garantissant l’absence de tout risque pour le grand public ou le personnel de la centrale.

Contribution énergétique actuelle

Les statistiques récentes de Transelectrica indiquent que la centrale contribue à nouveau à l’approvisionnement énergétique du pays, fournissant actuellement environ 192 mégawatts, ce qui représente 3,11 pour cent de la production totale d’électricité nationale.

Défis environnementaux et arrêts de production

Cette remise en service fait suite à une période d’inactivité inhabituellement longue. L’unité 1 avait été mise à l’arrêt à titre préventif le 28 juillet 2026, en raison d’une pénurie d’eau critique sur le Danube. De graves vagues de chaleur et une sécheresse persistante avaient fait baisser le niveau du fleuve à un point tel que la centrale ne pouvait plus s’approvisionner en eau de refroidissement en quantité suffisante pour fonctionner en toute sécurité.

Cette crise environnementale a finalement conduit à l’arrêt de l’unité 2 le 13 août 2026. Bien que les deux réacteurs soient restés dans un état sûr tout au long de l’arrêt, l’autorité de sûreté nucléaire roumaine a confirmé que l’incident n’avait affecté que la production d’électricité et n’avait eu aucun impact environnemental ou radiologique.

Impact sur la sécurité énergétique nationale

La remise en service de l’unité 1 constitue une étape importante pour la sécurité énergétique de la Roumanie. Chaque réacteur étant capable de produire environ 700 mégawatts, la centrale de Cernavoda génère habituellement environ 20 pour cent de l’électricité du pays.

La perte simultanée des deux unités a contraint le gouvernement à augmenter ses importations d’énergie et à s’appuyer davantage sur des sources d’énergie alternatives. Le retour progressif à pleine capacité de la première unité contribue à alléger la pression sur le réseau et à réduire la dépendance vis-à-vis de l’énergie étrangère.

État de la tranche 2

Malgré les progrès réalisés avec l’unité 1, la deuxième unité reste à l’arrêt. Étant donné que la première unité en service nécessite une grande quantité d’eau de refroidissement, les niveaux d’eau dans le bassin de prise d’eau restent préoccupants.

Nuclearelectrica surveille de près l’hydrologie du Danube et n’entamera le processus de redémarrage de l’unité 2 que lorsque les niveaux d’eau seront suffisamment élevés et stables.

Le cadre technologique CANDU

Sur le plan technologique, la centrale de Cernavoda se distingue par l’utilisation de systèmes CANDU (Canada Deuterium Uranium) d’origine canadienne. Contrairement à de nombreux réacteurs dans le monde, ceux-ci utilisent du combustible à base d’uranium naturel et de l’eau lourde pour le refroidissement et la modération.

La Roumanie a adopté cette technologie dans les années 1980 ; la première tranche est entrée en exploitation commerciale en décembre 1996 et la deuxième est devenue opérationnelle en 2007.

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