Principaux renseignements
- L’Inde et d’autres puissances mondiales s’opposent fermement au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE, qu’elles considèrent comme une barrière commerciale injuste.
- Les tensions commerciales s’intensifient alors que Bruxelles envisage d’étendre les taxes carbone à davantage de produits industriels.
- Les revirements politiques internes affaiblissent l’autorité morale de l’UE pour mener l’action climatique mondiale lors de la COP31.
Le prochain sommet sur le climat COP31, qui se tiendra en Turquie, devrait être le théâtre de tensions entre l’Union européenne et l’Inde au sujet du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). New Delhi a intensifié ses critiques à l’égard de cette taxe sur le CO₂. Le ministre indien de l’Environnement, Bhupender Yadav, a déclaré que l’Inde protégerait fermement son secteur industriel contre ce qu’elle considère comme des barrières commerciales unilatérales.
CBAM
Le CBAM, mis en place en janvier 2026, oblige les importateurs d’acier, de fer, d’hydrogène, d’engrais, de ciment et d’aluminium à payer pour les émissions de CO₂ générées lors de la production. Selon la Commission européenne, cette mesure garantit des conditions de concurrence équitables pour les entreprises de l’UE soumises à une législation climatique stricte. Les pays en développement y voient toutefois un obstacle injuste à la croissance. De plus, la charge administrative liée à la déclaration des émissions est jugée excessive par les partenaires internationaux.
Préoccupations économiques
Les risques économiques liés à cette taxe ont été soulignés par le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal. Il a averti que des droits de douane aussi élevés pourraient entraîner une instabilité économique, faire grimper le coût de la vie et rendre les industries locales non compétitives. Ces tensions surgissent alors que Bruxelles envisage d’étendre cette taxe à des produits tels que les pièces détachées automobiles et les appareils électroménagers.
Une coalition d’opposition
L’opposition à la CBAM ne se limite pas à l’Inde. Aux États-Unis, des législateurs ont exigé que des mesures soient prises contre les réglementations de l’UE qu’ils jugent discriminatoires à l’égard des fournisseurs américains. De même, le Canada cherche à obtenir des exemptions, tandis que le Royaume-Uni tente de fusionner son système d’échange de quotas d’émission avec celui de l’UE afin d’échapper à cette taxe. Parallèlement, la Russie a contesté la légalité de cette taxe devant l’Organisation mondiale du commerce et s’est associée à la Chine pour s’opposer aux barrières commerciales unilatérales lors de la COP31.
Conflits internes à l’UE
En interne, l’UE est aux prises avec ses propres contradictions. Les pressions nationales visant à réduire les coûts industriels ont conduit à un revirement partiel du Pacte vert pour l’Europe, notamment le report des règles sur le méthane et la remise en question de l’interdiction des moteurs à combustion prévue pour 2035. Ce recul sur le plan national a affaibli la position de l’UE sur la scène internationale.
La COP31
Les critiques et les militants écologistes, tels que ceux du Climate Action Network Europe, affirment que, d’un point de vue réaliste, l’UE ne peut pas mener une transition mondiale vers l’abandon des combustibles fossiles tout en sapant ses propres engagements climatiques. À l’approche du sommet qui s’ouvrira le 9 novembre à Antalya, l’UE se trouve dans une position délicate. Elle cherche à s’imposer comme un leader mondial, malgré une forte opposition au sein même de ses États membres et à l’étranger. (ev)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

