Principaux renseignements
- Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les conflits au Moyen-Orient mettent en péril la stabilité énergétique régionale et les recettes d’exportation.
- Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz font grimper en flèche les coûts d’importation pour les pays vulnérables.
- Les énergies renouvelables décentralisées constituent une solution essentielle pour les réseaux électriques fragiles.
Selon un rapport récent de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le conflit persistant au Moyen-Orient a mis en évidence des failles critiques dans la sécurité régionale. Cette instabilité a entraîné une baisse des recettes d’exportation, une hausse des coûts d’importation et une aggravation des pénuries énergétiques dans toute la région.
Perturbations du trafic maritime menacent la stabilité régionale
L’AIE a déclaré que les entraves au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont gravement compromis la stabilité énergétique dans toute l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Les conséquences varient d’un pays à l’autre : alors que les producteurs de pétrole et de gaz peinent à maintenir leurs exportations malgré les prix élevés sur le marché mondial, les pays importateurs sont confrontés à une forte hausse des coûts. Si les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont par exemple eu recours à des gazoducs pour contourner le détroit, des pays comme le Qatar, le Koweït, l’Irak et Bahreïn restent très vulnérables à ces perturbations.
Pression économique sur les producteurs et les importateurs
L’Irak, en particulier, subit une forte pression. La production de gaz y a baissé et les exportations de pétrole ont également diminué. De plus, la combinaison d’une production locale limitée et d’importations interrompues a entraîné de graves pénuries de carburant.
Dans le même temps, les pays importateurs voient leurs dépenses augmenter ; l’AIE a noté que l’Égypte, le Liban, la Tunisie et le Maroc avaient dépensé 4,6 milliards de dollars (4 milliards d’euros) en importations d’énergie en mars, un montant qui était passé à 4,8 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) en juin.
Infrastructures
La crise a encore davantage paralysé l’approvisionnement énergétique dans les régions où les infrastructures sont instables ou en proie à des conflits armés. Dans la bande de Gaza, le réseau électrique est pratiquement hors service, tandis que les citoyens libanais qui dépendent de générateurs privés subissent une pression financière croissante en raison de la hausse des prix du carburant.
Les énergies renouvelables comme solution
En conséquence, l’AIE estime que la définition de la sécurité énergétique est en train d’évoluer. Les grands exportateurs sont désormais confrontés à des risques liés à leurs recettes, les pays importateurs sont aux prises avec des flambées de prix et les nations fragiles ont du mal à se procurer les combustibles de base.
Pour limiter ces risques, l’agence recommande de recourir davantage à des sources d’énergie renouvelables décentralisées. Elle cite notamment les mini-réseaux et les panneaux solaires installés sur les toits. Ceux-ci peuvent fournir de l’électricité dans des endroits où les réseaux centraux sont peu fiables. Selon l’AIE, cette situation souligne le besoin urgent de diversifier les sources d’énergie, de renforcer les interconnexions régionales et d’assurer un accès abordable et stable à l’énergie. (lv)
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