Principaux renseignements
- La Belgique débloque 260 000 barils de diesel pour réduire la volatilité du marché.
- La France réduit les prix à la consommation en vendant ses anciennes réserves à prix réduit.
- Les grandes compagnies pétrolières engrangent des milliards de bénéfices malgré les efforts mondiaux pour assurer l’approvisionnement.
Après une période d’hésitation, le gouvernement fédéral belge a décidé de puiser dans ses réserves énergétiques d’urgence. Dans le cadre d’une initiative conjointe menée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Belgique va injecter environ 260 000 barils — soit environ 35 000 tonnes — de gazole sur le marché.
Mathieu Bihet
Cette décision marque un revirement important pour le ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, qui affirmait auparavant que les réserves stratégiques devaient servir uniquement à garantir la stabilité de l’approvisionnement plutôt qu’à influencer les prix du marché.
Malgré ce changement de position, le cabinet du ministre a précisé au journal Le Soir que la sécurité énergétique du pays restait intacte, les stocks actuels dépassant toujours l’équivalent de 90 jours d’approvisionnement.
Impact limité sur les prix à la consommation
Les consommateurs belges ne devraient toutefois pas constater de baisse des prix à la pompe, car ces réserves seront vendues aux cours actuels du marché, comme le prévoit la loi. Par conséquent, le principal avantage de cette mise sur le marché sera une réduction potentielle de la volatilité globale du marché plutôt qu’une baisse directe des prix pour les automobilistes.
La France
À l’inverse, la France a adopté une stratégie plus offensive au profit de ses citoyens. Le gouvernement de Sébastien Lecornu libère des réserves de gazole jusqu’en janvier, en vendant à des tarifs réduits le carburant acheté avant le conflit dans le golfe Persique. Ce dispositif oblige les distributeurs à répercuter directement ces économies sur le public et à faire preuve de transparence concernant les baisses de prix.
Cette politique a donné des résultats immédiats, des grands distributeurs comme TotalEnergies et E. Leclerc ayant réduit les prix du gazole de pas moins de 21 centimes par litre.
Coordination mondiale
Ces efforts régionaux s’inscrivent dans le cadre d’un engagement plus large pris en octobre par le G7 et l’UE de mettre sur le marché 100 millions de barils de pétrole et de gazole. Cette initiative fait suite à une mise sur le marché bien plus importante, coordonnée par l’AIE, de plus de 400 millions de barils en mars, aucune de ces deux opérations n’ayant toutefois modifié de manière significative les prix mondiaux. Les tendances du marché sont restées étroitement liées à la stabilité du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Bien que le prix du pétrole brut ait récemment connu une baisse en raison des spéculations selon lesquelles Donald Trump pourrait privilégier la diplomatie avec l’Iran à la suite des élections de mi-mandat aux États-Unis, les prix restent élevés.
Prix du diesel
Les coûts du diesel ont été particulièrement touchés, en partie à cause des attaques ukrainiennes contre des installations de raffinage russes. Les prix de gros ont triplé par rapport au mois de février.
Selon les données de Greenpeace, cette flambée des prix a généré environ 36 milliards d’euros de bénéfices inattendus pour les compagnies pétrolières européennes, les entreprises belges en ayant empoché environ 1,26 milliard d’euros. (fc)
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