La Belgique affiche le taux d’emploi des ressortissants hors UE le plus bas de l’Union européenne


Principaux renseignements

  • La Belgique affiche le taux d’emploi le plus faible parmi les ressortissants de pays hors UE au sein de l’Union européenne.
  • Les statistiques sur la discrimination ne suffisent pas à elles seules à expliquer cet écart considérable sur le marché du travail.

Parmi les États membres de l’UE pour lesquels des données sont disponibles, la Belgique affiche le taux d’emploi le plus faible chez les ressortissants de pays tiers. Seuls 51,6 pour cent des personnes âgées de 20 à 64 ans issues de ce groupe occupent un emploi. Ce chiffre est nettement inférieur à la moyenne européenne de 65 pour cent.

Pourtant, la discrimination ethnique estimée lors des recrutements en Belgique n’est pas plus importante que dans de nombreux autres pays européens. C’est ce qui ressort d’une analyse du consortium de recherche gantois UGent@Work, rapportée par Knack.

Paradoxe de la discrimination

D’après des tests menés entre 2001 et 2024, les candidats issus de minorités en Belgique reçoivent environ 17 pour cent de réponses positives en moins à leurs candidatures par rapport aux candidats issus du groupe majoritaire. Ce taux de discrimination est comparable à celui des Pays-Bas (17,9 pour cent) et bien inférieur à celui observé en France (34,9 pour cent) ou en Italie (46,7 pour cent).

Résultats de la recherche appellent à la nuance

Les chercheurs soulignent que ces chiffres ne doivent pas être considérés comme un classement définitif, car les études présentaient des variations en termes de périodes, de secteurs d’activité et de groupes cibles. De plus, comme ces tests n’évaluent que le processus de présélection, ils ne permettent pas de déterminer avec précision dans quelle mesure l’écart global en matière d’emploi est dû à la discrimination.

Modèles de préjugés ciblés

Néanmoins, les préjugés restent une réalité en Belgique. Une analyse spécifique indique que les candidats d’origine nord-africaine ou moyen-orientale ont 26,7 pour cent de chances en moins d’obtenir une réponse positive.

Les disparités sur le marché du travail sont frappantes. Alors que les personnes d’origine non européenne représentent 19,2 pour cent de la population adulte, elles constituent 38,2 pour cent des chômeurs. Ces écarts sont particulièrement évidents en Flandre : alors que 80,1 pour cent des résidents d’origine belge ont un emploi, ce chiffre n’est que de 58,6 pour cent pour ceux d’origine nord-africaine.

(at)

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